Note : cet article est une traduction de l’article Our Everloving Quest to Control Our Lives de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Faire ce qu'on aimeOn passe presque toute notre vie dans une quête pour gagner en contrôle, en sécurité, et en confort. Malheureusement, nous n’y arrivons jamais vraiment, donc nous continuons d’essayer, sans relâche.

C’est l’activité principale de notre vie.

Qu’arriverait-il si nous arrêtions ?

Nous pourrions être moins entravés par la peur, moins anxieux, moins poussés par le besoin de confort, et plus amoureux de la vie telle qu’elle est.

Vous pourriez être surpris de voir à quel point nous cherchons à contrôler les choses.

Nos tentatives de contrôle

La nature fondamentale de la vie est qu’elle change sans cesse, qu’elle est incontrôlable. Quand nous pensons avoir de la stabilité dans la vie, quelque chose vient nous rappeler que non, nous n’en avons pas. Il n’y a pas de stabilité, peu importe à quel point nous aimerions que cela arrive.

Et cela nous fait un peu peur. Nous n’aimons pas cette sensation d’instabilité, de perte de contrôle. Donc nous faisons en sorte de gérer cela, par amour pour nous-mêmes. Ce sont des stratégies de contrôle, de sécurité et de confort.

Quelques exemples parmi de nombreux autres :

  • Nous allons sur Instagram, Facebook, Twitter, Reddit, Pinterest, parce que c’est confortable de le faire et nous avons l’impression de savoir ce que nous faisons (une sensation de certitude, que les choses sont sous contrôle).
  • Nous faisons une liste de choses à faire ou nous testons un système de productivité ou d’organisation, parce que nous avons l’impression que les choses seront sous notre contrôle.
  • Nous nettoyons, ou désencombrons, ou nous rangeons notre bureau.
  • Nous nous attaquons à nos mails, parce que nous en avons un peu perdu le contrôle et que retrouver ce contrôle semble bien moins anxiogène.
  • Nous procrastinons sur un projet qui nous emplit d’incertitude, et nous passons du temps sur nos distractions favorites, qui sont à nos yeux bien moins incertaines.
  • Nous sommes frustrés par les autres, et même en colère contre eux, parce qu’ils agissent d’une façon que nous n’aimons pas (nous ne contrôlons pas cet aspect de notre vie, et c’est difficile pour nous), donc nous nous racontons une histoire en nous disant qu’ils sont horribles, que nous avons raison et qu’ils se porteraient mieux s’ils faisaient telle ou telle chose, et cela nous aide à avoir une sensation de contrôle.
  • Nous essayons d’organiser les applications sur notre téléphone, pour éviter de nous tourner vers nos sentiments d’insécurité.
  • Nous planifions, planifions, planifions. Sur papier ou dans notre tête. Tout semble sous contrôle quand nous planifions.
  • Nous faisons des recherches sur google ou achetons des livres pour avoir la sensation de mieux contrôler un sujet.
  • Nous nous inscrivons à des cours.
  • Nous nous fixons des résolutions, des objectifs et diverses listes.
  • Nous créons des systèmes.
  • Nous essayons de gagner en contrôle sur notre santé en créant un plan de régime et d’exercice.
  • Faire du shopping nous semble confortable.
  • Nous mangeons par confort.
  • Les drogues nous donnent la sensation de contrôler notre état d’esprit, dont le café ou l’alcool.

Il y a des milliers d’autres exemples. Examinez tout ce que vous faites en vous concentrant sur ceci : cette activité est-elle une stratégie pour gagner en contrôle d’une façon ou d’une autre ?

Je ne dis pas que toutes ces stratégies sont mauvaises. Elles nous aident à gérer des sentiments négatifs. Certaines d’entre elles mènent à une vie saine. Elles découlent toutes de l’amour.

Mais il est bon d’être conscient de ce besoin de contrôle, et peut-être que cette conscience peut même nous aider à nous libérer.

Pourquoi ces tentatives échouent

Nous faisons donc toutes ces choses citées ci-dessus, toute la journée, quand les choses nous semblent incertaines, inconfortables, hors de contrôle, hasardeuses. Ce sont des stratégies de contrôle, de sécurité, de confort.

Malheureusement cela ne fonctionne pas.

Disons que vous vous créez une liste de choses à faire et un plan pour avoir de nouveau cette sensation de contrôle. Vous devez alors faire la première chose sur votre liste. Mais cela vous confère une sensation d’incertitude, parce que c’est une tâche difficile et que vous ne savez pas si vous pouvez le faire. Donc vous vous attaquez d’abord aux choses les plus simples sur votre liste, mais la tâche difficile est toujours là, et vous vous sentez mal.

Vous finissez par vous tourner vers des distractions, ou par vérifier vos mails, pour ne pas avoir à vous pencher sur cette tâche. Ou alors vous commencez à ranger votre bureau. Vous passez quelques appels. Mais la sensation est toujours là, à vous trotter dans la tête. Aucune de ces stratégies ne fonctionne.

Ou alors, autre scénario : vous vous sentez seul. Vous ne voulez pas affronter ce sentiment, parce que c’est désagréable et que vous sentez que vous n’avez pas de contrôle là-dessus. Donc vous mangez. Ou vous achetez des trucs en ligne. Ou vous regardez la télé, ou du porno, ou YouTube. Mais cette sensation ne disparait pas. Donc vous continuez. Ou vous vous tournez vers l’alcool ou les drogues diverses.

Peut-être que vous avez du contrôle sur tout – vous êtes organisé, vous avez des systèmes pour tout, vous avez mis dans le mille niveau productivité, et vous n’avez que des habitudes saines. Félicitations ! Vous avez gagné ! Sauf que des choses apparaissent et ruinent votre palais de contrôle parfait. Votre anxiété monte tant que vous ne gérez pas ces choses, et vous retrouvez votre contrôle. Mais quand vous faites cela, plus de choses apparaissent. Des gens appellent, envoient des mails, vous interrompent, et vous êtes souvent irrité parce que tout est en désordre. Votre TOC ne génère pas un sentiment de confort et de contrôle, mais juste l’inverse.

Finalement, envisagez que vous pourriez avoir la sensation que les choses sont stables, mais qu’alors quelqu’un meurt, vous tombez malade ou vous vous blessez, une crise familiale apparait, votre entreprise est touchée par la crise, ou tout votre pays. Les choses ne sont jamais sous contrôle, donc vous angoissez parce que vous pensiez avoir cette stabilité.

Heureusement, nous avons une autre façon de nous y prendre.

La façon consciente

Si la vie est incontrôlable, et comme nous n’aimons pas cette sensation de perte de contrôle, nous faisons toutes sortes de choses pour rechercher ce contrôle, mais cela ne fonctionne pas, alors quelle alternative y a-t-il ?

Nous pouvons nous entraîner à la pleine conscience, et apprendre à accepter la nature incontrôlable de chaque instant.

Commencez par rester simplement immobile, et essayez de faire attention aux sensations de cet instant, autour de vous, dans votre corps et même dans votre esprit. Remarquez simplement ce qui se passe.

Puis remarquez que votre esprit veut vagabonder, planifier ou s’inquiéter ou saisir les choses. Nous fuyons ce moment inconnu et incontrôlable par stratégie de contrôle.

Remarquez cette envie de courir, de contrôler, et n’agissez pas. Ne faites rien. Observez simplement, sans agir de quelque façon que ce soit.

Voyez à quoi ressemble cette sensation de perte de contrôle. Où est situé cette sensation dans votre corps ? Quelle sensation cela fait-il naître dans votre corps ? Est-ce une chose précise ou changeante ? Analysez cela avec curiosité.

Restez immobile avec cette sensation dans votre corps. Entraînez-vous à cela par petites touches, tous les quelques jours ou quelques semaines. Vous allez commencer à connaître précisément cette sensation.

Alors elle ne sera pas si terrible. Vous allez apprendre à rester assis avec ce sentiment de perte de contrôle, et que cela ne vous pose pas de problème. Vous allez apprendre à avoir confiance dans cet instant, pas pour amener les choses vers le résultat que vous voulez (contrôle !), mais pour que tout se passe bien.

Vous allez devoir faire moins de choses pour viser le contrôle et le confort. Vous en ferez encore certaines, parce que personne ne maîtrise jamais vraiment cela (contrôle !), mais vous en aurez moins besoin.

Ensuite quoi ? Que reste-t-il quand nous n’essayons pas de contrôler les choses ? L’amour. Nous agissons toujours, mais pas par besoin de contrôle. Nous agissons par amour des autres et de nous-mêmes.

C’est l’autre façon de faire.

Crédits photo : © Dzmitry Sukhavarau – Fotolia

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4 commentaires on Notre quête dévouée pour contrôler notre vie

  1. Marta dit :

    Et si tout simplement ce n’était pas le moment de nous occuper de cette tache difficile ?
    Pour que les choses fonctionnent, elles doivent être faites au bon moment. C’est souvent aussi une question de timing.
    Parfois, la sensation de vouloir s’échapper et d’esquiver l’effort provient du ressenti profond que nous n’arrivons pas au bon moment.
    Faut-il faire du forcing à ce moment là et agir quand même ? Je ne crois pas.
    Marta – Demain est déjà là

  2. Chantal dit :

    La situation est bien résumée. La conclusion est magnifique 😊❤ Merci !

  3. Kitai dit :

    Voilà quelques temps que je remarques que je n’arrives plus à contrôler ma vie quitte à atteindre mes objectifs. Et le pire c’est que lorsque je remarque qu’il y a des gens qui étaient pires que moi ont le parfait contrôle et n’angoissent pas du tout je suis encore plus frustrée et donc je me mets encore plus la pression. Cet article me décrit totalement! À partir de maintenant je vais essayer de laisser ce sentiment de perte de contrôle envahir tout mon corps et mon âme, peut-être est-ce la solution que je cherchais? Sincèrement, je ne sais pas mais je ne compte pas abandonner! Merci beaucoup pour cet article, je viens de découvrir votre blog et je prévois de passer la journée à le lire 🙂

  4. nella dit :

    Salut, j’ai téléchargé ton livre que je trouve très intéressant.. Mon problème est que mon esprit bavarde trop, je me contredis sans cesse, depuis que je fais attention à ce qui se passe dans ma tête, je n’arrive plus à m’en détacher…quand je prend conscience de mon corps j’ai l’impression d’être une étrangère. J’avais eu un fort moment d’anxiété il y a des mois, j’ai découvert la méditation en pleine conscience, depuis que je le pratique je me retrouve plus dans ma tête qu’à l’extérieur..et quand je suis à l’extérieur mon esprit n’arrête pas de bavarder… Je ne me reconnais plus. Dès que je me rappelle le passé et tous les problèmes que j’ai et que je fuis par la méditation en pleine conscience, je pleure. Après avoir pleuré, je me retrouve. Quelle méthode me faut-il pour m’en sortir? Et, je suis quelqu’un qui réfléchis trop.. merci de me répondre

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