Note : cet article est une traduction de l’article The Zen Habits Guide to Letting Go of Attachments de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

AttachementJ’en viens de plus en plus à penser que le Bouddha avait raison : quasiment toutes nos luttes, des frustrations à l’anxiété, de la colère à la tristesse, du chagrin à l’inquiétude, tout découle de la même chose…

Les luttes viennent du fait que nous sommes trop fermement attachés à quelque chose.

Quand nous sommes inquiets, nous sommes fermement attachés à la façon dont nous voulons que les choses se passent au lieu de nous détendre et d’accepter ce qui pourrait arriver en faisant du mieux que nous pouvons. Quand nous sommes frustrés par quelqu’un, c’est parce que nous sommes attachés à la façon dont nous voulons qu’ils se comportent au lieu de les accepter comme les merveilleux humains imparfaits qu’ils sont. Quand nous procrastinons, nous sommes attachés à la facilité et au confort de certaines choses (comme les distractions) au lieu d’accepter que pour faire quelque chose d’important nous devons nous pousser hors de notre zone de confort. Et ainsi de suite.

Donc si vous êtes prêt à accepter que cet attachement trop ferme, trop étroit, est la cause de vos luttes, alors la réponse est simple, non ? Relâchez simplement cet attachement. Laissez aller.

Plus facile à dire qu’à faire… Ceux d’entre nous qui ont essayé de relâcher leurs différents attachements savent qu’en pratique ce n’est pas si simple. Quand notre esprit s’accroche fermement, nous ne voulons pas nous laisser aller. Nous voulons vraiment, vraiment que les choses aillent dans notre sens.

Alors quelle est la réponse ? Dans ce court guide, nous allons voir quelques pratiques pour nous y aider.

Pratiques de laisser-aller

Nous pouvons relâcher ces attachements avec quelques pratiques différentes :

  1. Méditation. Méditer, c’est simplement rester immobile et essayer de faire attention au moment présent – que ce soit votre respiration, votre corps, ou ce qui vous entoure sur le moment. Vous trouverez que votre esprit fuit le moment présent, en s’attachant à des inquiétudes vis-à-vis de l’avenir, en planifiant, en se remémorant des choses du passé. Dans la méditation, vous vous entraînez à vous débarrasser de ces mini attachements, en remarquant ce que fait votre esprit et en laissant aller, en revenant au moment présent. Cela arrive encore et encore, ce qui fait qu’avec le temps vous vous améliorez. Cela devient une sorte de mémoire musculaire une fois que vous l’avez fait des centaines, des milliers de fois. Vous apprenez que ce à quoi vous êtes attaché est simplement une histoire, un récit, un rêve. Ce n’est pas si tangible, ce n’est qu’un nuage qui peut être éloigné par une petite brise.
  2. Compassion. Pendant cette méditation, vous souhaitez mettre fin à votre souffrance, ou à celle des autres. Ce qui arrive est que ce souhait vous transforme. Vous passez d’un blocage dû à un attachement à la fonte de cet attachement grâce à la chaleur de votre cœur, ce qui fait apparaitre une voie pour vous en soulager. Et quand vous souhaitez mettre fin à la souffrance des autres, vous vous connectez à eux, vous voyez que votre souffrance est comme la leur, vous comprenez que vous traversez cela ensemble. Ce qui arrive est que vos attachements et votre histoire deviennent moins importants, ils ne sont plus tellement un problème, au fur et à mesure que vous vous connectez aux autres de cette façon.
  3. Interdépendance. Essayez de méditer non seulement pour souhaiter mettre fin à la souffrance des autres (et à la vôtre), mais pour que les autres soient heureux. Tous les autres, que vous les aimiez ou non. Là encore, en faisant cela, vous commencez à voir que vous êtes tous connectés dans votre souffrance, et dans votre désir d’être heureux. Vous n’êtes pas aussi séparé d’eux que vous le pensez. Vous n’êtes pas séparés, vous êtes interdépendants. Cette connexion avec les autres vous aide à être moins attaché et plus à l’aise dans la vie.
  4. Acceptation. Fondamentalement, l’attachement est question de ne pas vouloir que les choses soient telles qu’elles sont. Vous voulez que quelque chose soit différent. C’est parce qu’il y a quelque chose dans le moment présent, dans la personne en face de vous, en vous, que vous n’aimez pas. En méditant, en pratiquant la compassion et l’interdépendance, vous pouvez commencer à avoir confiance dans le fait que les choses sont bien comme elles sont. Elles ne sont peut-être pas « idéales », mais elles sont bien. Et même belles. Vous commencez à être plus conscient de votre rejet continuel du moment présent, et vous commencez plutôt à vous ouvrir à la réalité de ce moment. C’est encore et encore ce qu’il faut pratiquer, s’ouvrir et analyser le moment avec curiosité, l’accepter comme il est.
  5. Expansivité. Toutes ces pratiques vous permettent d’avoir un esprit plus expansif, plus aussi étroitement centré sur sa petite vision de la façon dont les choses devraient se passer, plus aussi concentré sur ses petits désirs et ses petites aversions, capable de les voir comme faisant partie d’un tableau plus large. L’esprit peut contenir ces petits désirs et beaucoup d’autres choses en plus. C’est un grand espace libre, comme un océan profond ou un ciel limpide, et les petits attachements n’en sont qu’un aspect, mais il peut aussi voir la souffrance des autres et leurs attachements, il peut voir le moment présent dans toute sa glorieuse beauté imparfaite, et être présent avec tout cela en même temps. Pratiquez cette expansivité dès maintenant.

La méthode Habitudes Zen

La façon de gérer ces attachements n’est pas simple, et cela demande de la pratique.

Méditez tous les jours, concentrez-vous pendant quelques minutes chaque matin. Voyez votre souffrance et votre histoire et ses attachements, pendant que vous méditez. Voyez ceci également après votre méditation.

Après quelques semaines, ajoutez de la compassion à la méditation. Souhaitez mettre fin à votre souffrance, puis étendez-la aux autres gens de votre vie, puis à tous les êtres vivants.

Apprenez à voir votre interconnexion avec les autres, et entraînez-vous à accepter le moment présent exactement comme il est, par petites doses. De petites étapes. Entraînez-vous à étendre votre esprit pour inclure ces choses et toutes les autres choses du moment présent.

Puis, quand un attachement difficile apparaît dans votre vie quotidienne, voyez la souffrance, voyez l’attachement, et étendez votre esprit au-delà de cela, en ayant de la compassion pour vous-même pour que vous voyez que vous êtes plus grand que cet attachement. Faites qu’il soit là comme un petit nuage qui flotte dans la grande étendue de votre esprit, puis laissez-le s’éloigner lentement au lieu de vous plonger dedans.

Avec de la pratique, cette méthode peut vous permettre d’être content du moment présent, de vos merveilleuses relations, et de moins céder à la procrastination et aux distractions.

Crédits photo : © Kromosphere – Fotolia

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5 commentaires on Le guide zen pour se débarrasser de son attachement

  1. Frédéric Valade dit :

    Article très fouillé et complet…Bravo à l’auteur d’aller autant au fond des choses pour le bien de tous….Frédéric.

  2. blaes dit :

    Très bel article !
    C’est très difficile en effet. Une amie me conseille de laisser passer les idées sombres comme des nuages dans le ciel et de ne pas s’y attarder. Ce qui arrive, c’est qu’en faisant cela, les idées, les pensées négatives reviennent de plus en plus souvent et je ne peux m’empêcher de m’y plonger et…. donc… je ne me sens pas bien. Pour ma part, j’ai trouvé qu’en me concentrant sur le moment présent, je le savoure de plus en plus. Quand une idée sombre apparaît, je la chasse et je me remets dans le moment présent, dans ce que je fais, dans ce que j’étais en train de penser et je m’en trouve bien. Les pensées négatives ne reviennent pratiquement plus. Alors je comprends pas ! Quelle est la meilleure solution car mon ami me dit qu’en faisant cela je lutte pour ne pas penser aux idées négatives et quand il y a lutte cela se retourne contre soi. Pouvez-vous m’éclairer ?

  3. mona dit :

    Bonsoir,
    moi c’est tout à fait le contraire, quand j’ai un but je doit le réaliser, et apres un autre, et ainsi de suite, car l’action c’est la clé contre l’anxiété et la déprime,
    la meilleure façon pour ne plus ruminer c’est de faire des activités, il faut occupé le cerveau, par exp par la lecture, le sport, le dessin, apprendre de nouvelles choses, comme une langue étrangère, la couture……
    notre cerveau adore l’apprentissage, rien de meilleur qu’un documentaire scientifique, sur le corp humain, l’espace, l’univers…
    ou bien faire des activitées tres simples comme le menage, le jardinage, la cuisine…..
    le but est de se concentrer sur quelque chose qui nous fait plaisir, ainsi plus de ruminations plus d’anxiété ni de déprime.
    merci beaucoup
    bon courage
    mona

  4. Eric dit :

    Très intéressant, merci

  5. mary dit :

    ca me touche vraiment

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