Note : cet article est une traduction de l’article The Underrated, Essential Art of Coping de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Productivité cerveauVous pourriez penser que quand quelqu’un dit « Je m’adapte » ou « Je tiens le coup », ce n’est pas grand-chose.

Vous auriez tort.

S’adapter est une compétence fortement sous-estimée, et notre incapacité à nous adapter à des sentiments difficiles peut mener à des problèmes majeurs, dont des problèmes de santé, une faillite, une procrastination au travail, ou même la mort.

Une compétence pas si insignifiante, hein !

Comment est-ce que le manque de facultés d’adaptation peut mener à la mort et à d’autres problèmes majeurs ? Eh bien, disons que vous vous ennuyez et que vous êtes seul, mais que vous ne savez pas comment gérer ces sentiments de façon saine. Vous pourriez essayer d’éviter ces problèmes en vous tournant vers des distractions, de la nourriture, la télé, la cigarette, la boisson. Je le sais parce j’ai moi-même fait ces choses, bien des fois. Cela ne pose pas un gros problème une fois de temps en temps, mais l’utilisation fréquente de ces mécanismes de palliation vous amène à trop manger, à trop fumer et boire, à l’inactivité (en regardant trop la télé ou en passant trop de temps en ligne), etc., et tout cela peut mener à long-terme à de l’obésité et à d’autres problèmes de santé du même ordre, et même à la mort à cause de maladies liées à l’obésité comme le diabète ou les maladies cardiaques.

Quel autre moyen de s’adapter, de pallier à nos problèmes, pouvons-nous utiliser ? Si vous vous ennuyez, vous pourriez y pallier en apprenant quelque chose de nouveau, ou en vous attaquant à un nouveau défi. Si vous êtes seul, vous pourriez essayer de faire du sport, d’apprendre une nouvelle compétence, ou de rencontrer de nouvelles personnes. Ce ne sont que quelques exemples, mais vous pouvez voir que ce sont des façons saines de s’adapter et de pallier à ses problèmes.

La façon dont vous vous adaptez peut donc faire toute la différence entre une vie agréable et une vie triste. Nous avons tous des mécanismes palliatifs pas très sains, et trouver de meilleures façons de s’adapter nous aidera à moins procrastiner, à manger plus sainement, à faire du sport, et à être plus heureux.

L’auto-compassion comme palliatif

Quand vous vous retrouvez face à des sentiments difficiles, votre première réaction pourrait être d’éviter d’y penser.

Disons que quelqu’un proche de vous est tombé malade ou est mort. Vous pourriez ne pas vouloir affronter cette peine, donc vous y palliez en évitant la peine, en trouvant des moyens d’atténuer cette douleur ou de vous distraire. Cela s’appelle fuir les problèmes.

Si vous remarquez que vous faites cela, c’est le bon moment de faire une pause. Dites-vous simplement « Je suis en train de fuir. »

Maintenant, au lieu d’éviter les problèmes, vous avez le choix de vous tourner vers cette douleur avec douceur et de dire « Je souffre. » Ou « Je suis en colère. » C’est une reconnaissance de ce que vous traversez. Et ce n’est pas grave de ressentir ces choses.

Ensuite, gentiment, vous pouvez gérer cette douceur, cet ennui, cette culpabilité, cette colère ou cette solitude. Toutes ces choses sont très difficiles, et ce n’est pas grave de les ressentir, et c’est bien de vous réconforter avec gentillesse, compassion, amour. Souhaitez mettre fin à votre douleur, et souhaitez votre propre bonheur.

Curiosité et ouverture

Vous avez fait preuve de compassion pour vous-même, mais que faire de ces sentiments difficiles ?

Je suggère la curiosité.

Restez avec le(s) sentiment(s) que vous avez, et soyez curieux de voir à quoi il ressemble. Par exemple, si vous vous sentez écrasé par un projet, au lieu d’éviter ce projet et de chercher à vous distraire (à procrastiner…), essayez de rester avec cette sensation d’écrasement. Ce n’est pas une sensation amusante, et vous allez vouloir fuir. Mais soyez curieux ; à quoi est-ce que cela ressemble de se sentir écrasé sans s’enfuir ?

Faites face à cette sensation avec une attitude d’ouverture. Soyez ouvert aux sensations inconfortables, et comme toujours, vous trouverez que ce n’est pas si confortable que ça et que vous allez plutôt bien. Vous prenez confiance dans le fait que tout se passera bien. Ce n’est pas agréable, mais ça ira.

Être curieux signifie que nous ne décidons pas immédiatement que nous savons déjà que c’est une horrible expérience que nous voulons fuir. Cela signifie que nous décidons que nous ne savons pas à quoi cela va ressembler, et que nous aimerions en savoir plus. C’est un positionnement d’apprentissage, au lieu de partir du fait que nous savons ce qui va se passer.

C’est une approche axée sur l’exploration d’un nouveau territoire, et la découverte de ce que cette nouvelle expérience a en réserve pour nous.

Les bienfaits de l’adaptation

Ce n’est pas une pratique facile, je dois l’admettre. Mais cela en vaut la peine, parce qu’avec ce genre de palliatif sain, vous pouvez trouver de meilleures façons de gérer toutes sortes de choses, dont :

  • La procrastination — Au lieu de fuir les tâches effrayantes et écrasantes, nous pouvons voir à quoi cela ressemble d’avoir peur et de se sentir écrasé, et quand même faire ces tâches. Écrire un livre, par exemple, est effrayant et écrasant, mais nous pouvons quand même écrire, même en ressentant cela.
  • La colère et la frustration — Au lieu de vouloir hurler sur les gens (ou les éviter) quand nous sommes frustrés par eux, nous pouvons rester avec ces sentiments difficiles et simplement être curieux de voir à quoi cela ressemble de les ressentir. Et alors, quand nous sommes restés avec ces sentiments (et que nous avons fait preuve d’autocompassion), nous pouvons voir ce que cela fait de traiter avec compassion une personne qui nous frustrait. D’essayer de la comprendre au lieu de la juger.
  • Les envies malsaines de nourriture, de cigarette et de boisson — Nous nous tournons vers ces choses pour nous réconforter quand nous nous sentons stressés, seuls, tristes ou que nous nous ennuyons. Mais nous pouvons rester avec ces sentiments et être curieux, et apprendre à faire d’autres actions plus saines à la place, comme aller marcher, faire du yoga, méditer, parler avec les gens, créer, apprendre, développer une compétence, et ainsi de suite. Ce sont des façons saines de pallier, mais nous les évitons souvent parce que nous n’aimons pas ces sensations et que nous voulons combler le vide dans notre cœur en nous réconfortant avec de la nourriture, des drogues, etc.
  • La mort et la maladie — Quand quelqu’un que nous aimons tombe malade ou meurt, la colère et la sensation de perte peuvent être écrasantes et dévastatrices. Nous voulons nous réconforter, et donc nous nous tournons souvent vers des réconforts pas très sains. Mais à la place, nous pouvons faire preuve d’autocompassion, rester avec ces sentiments très difficiles, et être curieux de voir à quoi cela ressemble de rester avec ces sentiments. Apprenez réellement à connaître ces sentiments, devenir intimes avec eux, et avoir confiance dans le fait que tout se passera bien même si nous cédons à ces sensations. Nous pouvons gérer cela, nous pouvons ressentir, nous pouvons traverser cela, parce que même si c’est loin d’être confortable ou agréable, c’est faisable. Et c’est temporaire.

Ce n’est qu’un début ; en apprenant à vous adapter et à pallier à vos problèmes avec auto-compassion, en restant présent, et avec curiosité, vous trouverez que vous pouvez gérer tout ce que la vie vous envoie. Et en ressortir en souriant.

Crédits photo : © Gstudio Group – Fotolia

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7 commentaires on L’adaptation : un art essentiel mais sous-estimé

  1. Clarissa dit :

    Très bonne lettre d’information, merci de l’avoir traduite! En effet, c’est une expérience pénible et effrayante que de rentrer dans sa douleur ou son problème, et de les regarder en face et sous toutes leurs formes. Mais comment se sortir d’un problème sinon en y rentrant complètement? Pour sortir d’une chambre, d’une pièce, ou d’un endroit quelconque, il faut forcément être à l’intérieur. Ecrit ou dit, cela paraît logique et d’une simplicité déconcertante, mais de passer à l’action, c’est une autre paire de manches.

  2. Carole dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article !
    Oui, l’auto-adaptation, c’est ce que l’on vit au quotidien quand on est parent d’ado.
    Et croyez-moi, c’est du sport mental. L’auto-compassion est alors indispensable pour savoir aller au-delà des crises, pour les rendre passagères.
    Carole.

  3. Gaelle dit :

    L’adaptation à nos émotions…..
    Beau défi effectivement 😉
    Merci pour l’article
    Gaëlle

  4. mona dit :

    Bonjour,
    oui vous avez bien raison, que faire face à la mort d’un proche, ou à la maladie, on n’a pas autre solution que de s’adapter, accepter pour continuer à vivre, et surtout il faut savourer les bons moments que la vie nous offre, comme dit Christophe André (psychiatre): ce n’est pas parce que l’horreur et la mort existent, que le bonheur et la vie sont vains ; et à l’inverse, le bonheur n’est pas là pour nous aider à oublier le malheur et l’horreur, mais pour nous donner la force et la motivation de mieux les observer, les examiner, les affronter.
    merci
    bon courage
    mona

  5. mary dit :

    Pour réussir, l’auto-compassion est plus importante que l’estime de soi
    merci olivier pour cet article j aime et je partage

  6. Sanna dit :

    C’est vrai que la perte d’une personne c’est très difficile nous ressentons une forte et pénible douleur. Comme beaucoup d’autres, j’ai vécu cette situation. Curieusement j’avais ce besoin de lui parler, très souvent, et je crois que c’est de cette façon que ma peine c’est adoucie et que j’ai pu l’accepter plus sereinement. Voilà, c’est ma thérapie.
    Merci Olivier,
    Dominique

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