Note : cet article est une traduction de l’article Fear Is Why We Have Too Much Stuff de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

SimplicitéMême si nous pourrions vouloir sortir de sous notre montagne de possessions, et que nous avons les meilleures intentions pour simplifier notre vie, la vérité est que nous continuons à avoir trop de trucs.

C’est en partie dû à la paresse, à une attitude de « Je le ferai plus tard », mais la véritable force motrice derrière notre empilement de possessions est la peur.

La peur est ce qui nous pousse à acheter des choses que nous ne voulons pas vraiment. La peur fait que nous nous accrochons à des choses dont nous n’avons pas besoin.

Pensez à cela :

  • Vous emportez trop de trucs quand vous voyagez, et vous avez un garage plein de possessions, juste au cas où vous pourriez en avoir besoin. C’est la peur d’avoir un jour besoin de quelque chose et de ne pas l’avoir. C’est la peur de manquer de sécurité et de certitude.
  • Vous achetez beaucoup de choses pour un évènement ou un voyage à venir parce que vous ne savez pas de quoi vous pourriez avoir besoin. Vous avez peur de ne pas être préparé. Là encore, c’est la peur de manquer de sécurité et de certitude.
  • Vous vous accrochez à des choses que vous n’utilisez plus parce que vous pourriez en avoir besoin un jour. Vous n’en aurez probablement pas besoin, mais vous n’êtes pas vraiment sûr. Là encore, c’est la peur de manquer de sécurité et de certitude.
  • Vous gardez des livres et d’autres matériels qui vous inspirent (la guitare que vous n’avez jamais apprise, la machine elliptique que vous n’utilisez pas) parce que vous espérez vous en servir un jour, et vous en débarrasser serait ressenti comme une perte d’espoir. Vous avez peur de ne pas être la personne que vous voulez être. C’est la peur de ne pas être assez bon.
  • Vous gardez des objets par sentiment, parce que vous ne voulez pas perdre les souvenirs, ou parce que cela compte beaucoup. En réalité, vous avez peur de perdre l’amour ou la relation que ces éléments représentent (le gilet du grand-père représente votre relation aimante avec lui). Vous avez peur de perdre cet amour. C’est la peur que l’amour que vous avez en ce moment ne soit pas assez bon.
  • Vous ne voulez pas vous débarrasser de certaines choses parce que vous les avez payées cher, et vous avez peur que vous en débarrasser soit du gâchis. En fait, si vous ne vous en servez pas, le gâchis c’est de les garder. Il est difficile de dire quelle est la peur sous-jacente, mais vous avez certainement peur que, si l’achat était une erreur à l’origine, les choses pourraient ne pas bien se dérouler à l’avenir. C’est la peur que le moment présent ne soit pas bon ou, là encore, la peur de l’incertitude.
  • Vous gardez beaucoup d’habits (ou d’éléments similaires) parce qu’ils sont un moyen d’expression personnelle pour vous, et vous débarrasser de tant d’affaires vous donnerait l’impression de limiter votre capacité d’expression personnelle. Vous avez peur de ne pas avoir ces options, de ne pas avoir la possibilité d’être qui vous voulez être. C’est la peur de ne pas être assez bon, tel que vous êtes, sans tout cela.

Je pourrais continuer, mais quasiment toutes vos possessions qui ne sont pas des nécessités absolues (un toit au-dessus de la tête, un lit, quelques habits, de la nourriture, des produits d’hygiène personnelle, etc.) sont achetées et gardées par peur.

Nous voulons ces éléments pour nous réconforter, pour nous aider à gérer les peurs et les anxiétés, pour nous aider à nous sentir préparés et plus en sécurité, pour nous aider à avoir la sensation que tout ira bien, pour nous aider à avoir plus de certitude vis-à-vis de l’avenir.

Et évidemment, tous ces trucs ne vous apportent rien de tout cela. Nous espérons qu’ils le fassent, mais ce n’est jamais le cas. Nous n’avons jamais plus de certitude vis-à-vis de l’avenir, et nous continuons à vouloir plus de choses pour gérer notre peur de ne pas être assez bon, notre peur que les choses ne se passent pas bien, et ainsi de suite. Le cycle est sans fin.

Alors quelle est la solution ?

Une meilleure façon de gérer les peurs

Si nous pouvions trouver une façon différente de gérer ces peurs et ces anxiétés, nous n’aurions pas besoin de tous ces trucs. Nous pourrions faire une pause avant d’acheter quelque chose par peur, et décider de ne pas l’acheter. Nous pourrions finalement nous débarrasser de beaucoup de choses qui traînent, prennent de la place et aspirent notre énergie mentale. Nous pourrions en réduire la quantité, et avoir une vie plus minimaliste.

Alors quelle est l’autre façon de gérer ces peurs ? Essayez ça :

  1. Remarquez d’abord que vous avez cette peur. Remarquez que votre motivation naît de la peur. Remarquez qu’il y a de l’anxiété, de l’inquiétude par insécurité ou incertitude, un désir de confort.
  2. Restez avec cette peur. Notre tendance est de fuir cette peur, d’essayer de chercher le confort en achetant quelque chose, en mangeant quelque chose de facile et de satisfaisant, ou en faisant quelque chose de relaxant. Fuir la peur est ce qui provoque la plupart de nos problèmes. Restez, asseyez-vous calmement, faites face à la peur, respirez. Trouvez le courage d’aller aux endroits où vous avez peur.
  3. Souriez à la peur. Faites face à cette peur et souriez-lui. Ce n’est qu’un enfant effrayé en vous, rien qu’il soit besoin de fuir, rien qui vaille de s’énerver. C’est tout à fait normal, parfaitement naturel, d’avoir ces peurs. Acceptez la peur en face de vous, et souriez. Ce sourire dissipe la majeure partie de son pouvoir.
  4. Devenez ami avec elle. Soyez ouvert et curieux vis-à-vis de votre peur, voyez la sensation que cela génère dans votre corps, à quoi cela ressemble-t-il ? Analysez-la avec amitié, apprenez à la connaître comme un nouvel ami. Une fois que vous apprenez vraiment à quoi ressemble cette peur, que vous devenez vraiment son ami inconditionnel, vous commencez à avoir confiance dans le fait que tout ira bien, qu’elle va finir par être chassée comme un nuage dans l’espace grand ouvert du ciel de votre esprit.

Ami avec cette peur, vous pouvez maintenant décider comment agir, désencombré du besoin de soulager cette peur par les possessions. Vous pouvez fermer l’onglet de votre site de vente en ligne préféré, vous pouvez le mettre sur une liste de choses auxquelles jeter un œil dans 30 jours, quand l’envie se sera évanouie et que la peur ne sera plus là. Vous pouvez vous débarrasser des possessions que vous avez, et vous libérer enfin de ce fardeau.

Et au final, vous trouverez que vous êtes parfaitement bien comme vous êtes, sans avoir besoin de changer, sans avoir besoin que quoi que ce soit vous améliore ou « exprime » qui vous êtes. Et cela vaut plus que toutes les possessions du monde.

Crédits photo : © Marina Zlochin – Fotolia

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherches utilisées pour trouver cet article :

Minimalisme et Simplicité, minimalisme etsimplicite, livre sur le minimalisme, meilleurs livres sur le minimalisme, minimalisme leo babauta

Tags: , , , , , , ,

4 commentaires on La raison pour laquelle nous avons tant de possessions : la peur

  1. Monique dit :

    Merci Léo. Merci Olivier.
    Comprendre d’où vient le besoin de compulser,que ce soit alimentaire ou possession en tout genre, m’aide à continuer à vider ma maison et à reprendre une alimentation saine.
    Merci. Merci. Merci. Monique

  2. manuela dit :

    J’ai compris que ma difficulté a faire ma valise a chaque fois que je pars, viens de peur de manquer essentiellement. Et je viens de la faire sereinement sans peur de manquer. Je me dis que si j’ai besoin de quelque chose cela m’obligera soit a etre créative pour suppléer, soit acheter quelque chose d’utile qui me rappelera mes vacances, soit de me faire préter…ou soit de m’en passer. Tout cela me donnera l’occasion d’aller vers les autres, de découvrir autour de moi et sur moi!Et surtout à avancer vers plus de simplicité!
    MERCI
    Manuela qui voyage léger

  3. cla dit :

    Merci, tout cela est tellement vrai… voilà plusieurs mois que je me suis lancée dans une démarche de désencombrement (d’abord psychologique, puisque parvenir à passer le cap des sites de conseils et méthodes sur « comment faire le vide » pour se lancer concrètement fut déjà une épreuve!) et cette aventure qui pourtant m’inspire, me terrifie totalement, j avance à pas de fourmis alors que mes possessions étouffent ; c’est un véritable combat contre soi-même…

  4. flouret dit :

    peur de manquer
    et on fait des crédits

    puis nous sommes dépossédés

Laisser un commentaire

52 Partages
Partagez52
Tweetez