Note : cet article est une traduction de l’article The Essence of Fatherhood: 6 Simple Lessons de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

PaternitéJe suis père depuis plus de 21 ans, j’ai six enfants au total, et j’ai aimé chacune des minutes, même compliquées, que j’ai vécues auprès d’eux.

Et maintenant c’est mon petit frère qui devient papa ce mois-ci, et il a profondément peur de la perspective d’être père. Il n’est pas sûr d’être bon dans ce rôle, il a peur d’échouer.

Je peux lui dire ceci : être père est le truc le plus effrayant que j’aie connu dans ma vie. Tout d’un coup, j’avais 19 ans et j’étais en charge d’une vie humaine fragile, si précieuse et chérie mais aussi vacillante et fluette. Et je n’étais absolument pas préparé – aucun cours ne m’avait appris quoi faire, et j’avais peu d’expérience dans la vie à cette époque.

Cela a été l’expérience la plus terrifiante que j’aie connue. Et cela a été la chose la plus gratifiante que j’aie jamais faite.

Plus gratifiant que de me marier, que de courir un ultramarathon, que de lancer une entreprise florissante, que d’aider des milliers de gens à changer leur vie d’après mon exemple.

Mais pour être honnête, au début j’étais nul.

Mon plus gros problème, à côté du fait que je n’avais absolument aucune foutue idée de ce que je faisais, était cette sensation de droit inhérent. Mon enfant devrait faire ce que je dis, se comporter d’une certaine manière, devenir la personne que je voulais qu’il soit. C’est ridicule, je le sais bien maintenant, mais cela m’a causé toutes sortes de conflits au début.

Je vois maintenant la paternité non pas comme le fait de façonner de l’argile, mais comme le fait d’élever des chats. Un père ne modèle pas un enfant pour en faire l’être humain idéal qu’il aimerait qu’il soit, il essaye de le garder en vie, et de lui faire sentir qu’il est aimé, au fur et à mesure qu’il évolue pour devenir qui il est.

Donc pour les jeunes hommes qui deviennent pères, et les jeunes femmes qui deviennent mères également (parce qu’il n’y a pas tant de différences que ça, hormis anatomiquement), voici mes pensées sur l’élevage de chats. Sachez simplement que j’ai violés toutes ces règles de manière répétée, et que j’ai appris ces leçons à la dure.

Votre premier boulot est de les aimer. Et d’être là pour eux. Cela passe avant tout autre devoir. Bien sûr, nous avons besoin de les garder en sécurité et de les nourrir, de les habiller et de changer leurs couches – de les garder en vie en somme – et c’est important. Mais voyons cela comme le niveau zéro ; ce n’est pas difficile de garder un enfant en vie jusqu’à l’âge adulte. N’importe qui peut y arriver avec un minimum d’efforts.

Ce qui est important est de faire en sorte qu’il devienne un adulte aimé. C’est plus compliqué, parce que dans notre droit à vouloir que l’enfant se comporte de la façon que nous voulons, qu’il devienne qui nous voulons qu’il devienne, nous avons tendance à pousser, à juger, à espérer, à réprimander, à creuser un fossé entre notre cœur et eux. Mais au final, toutes ces choses se dressent sur le chemin de notre devoir principal : faire qu’il soit aimé.

Si à la fin de votre vie vous pouvez dire que vous avez été là pour votre enfant, et qu’il s’est senti aimé, alors vous avez réussi.

L’exemple que vous montrez est plus important que vos mots. Nous disons souvent à l’enfant d’être plus prévenant quand nous lui crions dessus, mais du coup il n’apprend pas à être prévenant, il apprend à crier (seulement s’il est le plus puissant dans la relation). Quand nous les punissons, ils apprennent comment punir et non toute autre leçon que nous pensons leur inculquer. Quand nous leur imposons des restrictions, ils n’apprennent pas à partager comme nous pensons qu’ils le font.

Si vous voulez que l’enfant grandisse sainement, vous devriez faire de l’exercice et manger sainement. Si vous voulez que l’enfant trouve un travail qui le passionne, faites-le vous aussi. Si vous voulez que l’enfant lise, alors éteignez la télé et lisez. Si vous ne voulez pas que l’enfant joue aux jeux vidéo toute la journée, éteignez votre ordinateur.

Un câlin est plus puissant qu’une punition. Un câlin permet d’accomplir votre principal devoir (aimer), tandis que la punition est l’exemple que nous donnons à l’enfant (punir quand quelqu’un fait une erreur). Quand un enfant se comporte mal, c’est une erreur. Les adultes ne font-ils jamais d’erreur ? Si nous avons déjà fait une de ces choses, pourquoi jugeons-nous notre enfant parce qu’il les fait, et le punissons-nous ensuite ?

Ce qui est plus important que juger et punir, quand un enfant fait une erreur et se comporte mal, c’est de comprendre. L’empathie. Se mettre à sa place. Qu’est-ce qui vous aiderait dans cette situation ? Avoir de la compassion. Faire un câlin. Montrer comment une bonne personne se conduit, par l’exemple du câlin. Et oui, parler du problème, lui faire comprendre pourquoi son comportement n’était pas super, leur faire avoir de l’empathie pour la personne qu’il a blessée, mais apprendre à avoir de l’empathie doit commencer avec l’exemple que vous montrez.

Faites-leur confiance. Laissez-les prendre des risques et échouer, et leur montrer que ce n’est pas grave d’échouer, que ce n’est pas grave de prendre des risques. Évitez qu’ils soient névrosés et aient peur du moindre petit risque, se soucient constamment de leur sécurité ou de faire une erreur et d’être puni pour ça. Ils échoueront, et votre réaction à cet échec est plus importante que l’échec en lui-même. Vous devez leur montrer que l’échec est simplement une expérience réussie, où vous apprenez quelque chose qui a de la valeur.

Si vous leur faites confiance, ils apprendront à avoir confiance en eux. Ils grandiront en sachant que les choses peuvent mal se passer mais avoir confiance dans le fait que tout se passera bien au final. C’est une confiance dans la vie qui a une valeur incroyable.

Laissez-les être qui ils vont être. Vous ne pouvez pas contrôler ça. Vous pourriez vous intéresser fortement à quelque chose mais pas eux. Vous pourriez penser que ce qui l’intéresse est trivial, mais c’est qui vous êtes, pas qui il est. Laissez-le s’exprimer à sa façon. Laissez-le découvrir les choses tout seul. Laissez-le faire des choix, des erreurs, s’occuper de ses propres besoins émotionnels, devenir indépendant aussi tôt qu’il le peut.

Lisez avec eux. Jouez au ballon avec eux. Faites des balades et discutez avec eux. Admirez les étoiles avec eux et posez-vous des questions à propos de l’univers. Faites des cookies avec eux. Écoutez leur musique et dansez avec eux. Accueillez-les le matin avec un grand sourire et un gros câlin chaleureux. Faites des puzzles ensemble, construisez un robot ensemble, allez dans leurs châteaux de couvertures, jouez au prince ou au Jedi avec eux, racontez-leur des histoires que vous inventez, allez courir dehors, dessinez ensemble, faites des vidéos de musique ensemble, faites un journal sur votre famille, aidez-les à lancer une petite entreprise, chantez mal ensemble, allez nager, courir, faire du vélo, jouer dans les cages à poules et le sable et la jungle.

Chaque moment que vous passez avec votre enfant est un miracle, et puis ils grandissent et déménagent, ils deviennent leur propre personne et ils découvrent qui ils sont, ils sont blessés et ils ont besoin de votre épaule sur laquelle pleurer, mais ensuite ils n’ont plus besoin de vous.

Et à la fin, la paternité, c’est être là jusqu’à ce qu’ils n’aient plus besoin que vous soyez là, jusqu’à ce qu’ils en aient à nouveau besoin. Et ce n’est pas une tâche ingrate, parce qu’ils vous remercieront tous les jours avec leur amour, leur présence, leurs sourires. Quelle chose merveilleuse, que d’être père.

Crédits photo : © Gstudio Group – Fotolia

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4 commentaires on L’essence de la paternité : 6 leçons simples

  1. tinoune dit :

    tres emue par ce texte,c’est exactement ça de l’amour!chaque enfant est unique au monde, ce qui compte c’est l’exemple et du dialogue .mais le resultat en vaut la peine

  2. d'Huart Sandrine dit :

    Merci pour ce chouette article ! Je me permets de le partager sur ma page Facebook professionnelle « Grandir en liens ».

  3. Soumia dit :

    Merci pour ce texte très touchant et très pertinent. c’est des paroles de cœur et ça a parlé à mon cœur de maman. Merci encore

  4. Julien dit :

    Merci pour tous lès enseignements reçu

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