Note : cet article est une traduction de l’article The Painful Beauty of Impermanence de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Fleur de cerisierLa fleur de cerisier tombe après sa belle et courte floraison.

Elle flotte doucement jusqu’au sol. Sa vie est terminée, mais son existence limitée est une des plus grandes raisons pour lesquelles cette fleur est aussi merveilleuse. Si nous savions que cette fleur allait durer éternellement, elle n’aurait pas la même beauté poignante, et nous trouverions cela banal.

Cette fleur a un caractère éphémère, bref, transitoire, c’est pour cela que nous l’apprécions.

Nos vies sont tout aussi courtes. Nous n’avons qu’un moment sur ce rocher, mais nous oublions ce caractère éphémère et nous considérons nos jours comme banals. Nous gaspillons ces jours en activités inutiles comme la télé, les réseaux sociaux, les jeux vidéo.

Si nous nous souvenons que la vie est éphémère, nous pouvons peut-être apprécier son doux passage comme nous apprécions une fleur de cerisier.

L’éphémère et la souffrance

Notre lutte contre l’éphémère est la source de la plupart, sinon de la totalité, de notre souffrance. Nous ne voulons pas que les choses changent, nous voulons que les choses soient comme nous le souhaitons. Et quand ce n’est pas le cas, nous sommes stressés, frustrés, déçus, énervés, ronchons, et nous espérons que les choses soient différentes.

Et si nous pouvions accepter ce caractère éphémère, accepter la réalité de ce moment, la chérir comme nous le faisons avec cette fleur de cerisier ?

Nous pourrions être un peu plus en paix avec la réalité :

  • Le père de ma femme est atteint de démence, et cela fait de sa vie un pénible déclin. C’est évidemment difficile pour ceux d’entre nous qui l’aimons, mais pourquoi ne pas apprécier la beauté de sa vie, et qui il est en ce moment, au lieu de lutter contre la perte de ce qu’il était ?
  • Mon père a du diabète et souffre d’une santé déclinante, et c’est difficile à voir pour moi et mes frères et sœurs. Mais si nous trouvions la beauté de ces moments que nous pouvons encore passer avec lui, et apprécier ce qu’il nous a déjà donné ?
  • Je suis un peu gras du bide, et quand je regarde ça je rêve parfois de la sveltesse de ma jeunesse. Et si, à la place, je pouvais voir l’âge comme un rappel du côté éphémère de la vie, et réaliser que j’ai moins de temps maintenant que je n’en avais à 19 ans, et faire en sorte de profiter le plus possible des moments qu’il me reste ?
  • Nous avons un fils qui se rapproche de l’âge adulte, ce qui est difficile pour nous parce que nous avons la sensation de perdre un enfant, et qu’il va sortir dans le monde sans notre protection, exposé aux nombreuses attaques et insultes du monde. Et si nous apprécions plutôt les moments qu’il passe chez nous, et acceptions le nouveau fils que nous avons, grand et prêt à vivre une nouvelle vie ?
  • Il y a du travail que je suis réticent à faire pour diverses raisons, probablement parce que j’ai peur de ne pas savoir ce que je fais et parce que je pense que cela décevra les gens. Mais je ne peux pas savoir ce que me réserve la vie, et je ne peux pas contrôler ce qui va arriver. Tout ce que je peux faire c’est apprécier ce moment, m’efforcer de faire de mon mieux avec ce travail, et ne pas gâcher le temps précieux qu’on m’a donné pour faire ce travail.
  • Il y a des fois où je suis frustré de ne pas respecter mes plans, parce que oui, comme tout le monde je n’arrive pas à faire ce que j’ai prévu. Mais c’est la vie ; inattendue, incontrôlable, différente des plans. Nous voulons contrôler les choses en planifiant et en nous tenant à notre plan, mais la vie change et varie. Nous pouvons accepter cette réalité incontrôlable en acceptant ce qui arrive, en ajustant, en trouvant un autre plan sur le moment et en acceptant que cela pourrait ne pas se dérouler non plus comme nous nous y attendons.
  • Souvent, des changements inattendus surviennent dans notre journée et nous causent de la frustration. Une crise, un visiteur inattendu, un événement imprévu. Nous pouvons résister à ces changements et nous mettre en colère, ou accepter que la vie est imprévisible, pleine de changements, et apprécier la nature impermanente de la vie comme faisant partie de ce qui la rend merveilleuse.

Dans chacune de ces situations, la nature impermanente et en perpétuel changement de la vie peur causer du stress, de la frustration, de la tristesse et de la colère. Mais quand nous acceptons cette impermanence et travaillons avec elle, la vie peut être une joie, et nous pouvons apprécier la douloureuse beauté de cette existence temporaire.

En regardant les pétales de fleurs tomber, nous nous y voyons, et nous ressentons la gravité du moment.

Crédits photo : © haru – Fotolia

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10 commentaires on La douloureuse beauté de l’éphémère

  1. Gary dit :

    La nature éphémère de la beauté… une vraie frustration en soi.
    Nous voyons de très belles choses : certaines sont cycliques comme les feuilles de cerisiers au printemps et les feuilles d’érables colorées en automne au Japon et d’autres sont très longues à venir comme la comète de Halley tous les 76 ans (prochain passage en 2061).

    Il est difficile d’apprécier la beauté éphémère de ce qui nous entoure lorsque le plaisir qui s’offre sous nos yeux est limité.

    Malgré tout, nous remplissons notre mémoire de souvenirs agréables qui nous rendent joyeux au quotidien.

    La beauté est partout : le soleil qui se lève, le fait de pouvoir bouger, le fait d’être en vie…

    Même si notre vie est courte, il faut la vivre intensément sans se poser de questions et sans avoir de regrets.

    Il est important de ne plus dépendre de la télévision, des jeux vidéos et de vivre « en apnée ». Dehors, une multitude de spectacles s’offre à vous, alors saisissez les et vivez intensément et à votre façon!

    Gary du blog Simplicité et Bien être

  2. alienord dit :

    très beau texte à lire , à relire et à partager

  3. Ludovic dit :

    Très intéressant, mais pour mettre en pratique on fait comment ?
    Cordialement.

  4. Lu7 dit :

    Merci beaucoup, c’est un très beau texte.
    Ludovic pour l’appliquer,je pense qu’il faudrait qu’on réserve du temps pour méditer,pour voir au delà des choses et apprécier ce qui nous entoure.Et si on te disait que tu n’as que 24 heures à vivre alors tu ferais quoi?
    Tu essaierais de jouir au maximum de ces heures restantes

    Cordialement

  5. Mikael dit :

    Une très belle approche de l’impermanence des choses.
    Il est important de se rappeler que chaque jour est potentiellement le dernier et vivre aujourd’hui.
    Préparer sa retraite c’est bien, en profiter dès maintenant, comme le propose Tim Ferris, c’est mieux.

  6. khouloud dit :

    vous êtes vraiment un bon pshycologue qui touche notre sensible points

  7. jacline dit :

    Merci pour cet article, arrivant à point dans une phase de changements difficile à vivre . Inutile de s’accrocher, rien ne dure …

  8. Menard dit :

    Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peux être changer et le courage de changer ce qui peut l’être ,mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
    Marc AURELE
    Peut être peut on rajouter un jour à la fois!

  9. DOUSSOT dit :

    Oui, merci Olivier pour ce texte, en acceptant l’éphémère la souffrance devient plus légère et on trouve un nouveau souffle, comme de l’élan… Prendre la vie telle qu’elle se présente, sans violence, aide assurément à vivre. Très bonne continuation !

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