Note : cet article est une traduction de l’article How to Put Your Writing in Public de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

EcritureVous pourriez penser qu’après 8 ans de blogging public et d’écriture de livres, je serais totalement débarrassé de toute peur concernant le fait de rendre public ce que j’écris.

Vous auriez, bien évidemment, tout à fait tort.

J’ai encore de petites pointes de nervosité quand je clique sur le bouton « Publier » pour chaque article, et toujours des peurs plus importantes quand je publie la version un livre ou un e-book.

Écrire en public est comme parler en public, si vous le faites bien. Vous ouvrez votre âme pour que tout le monde la juge, et il y a peu de choses aussi effrayantes que ça.

Mais je suis là pour vous dire que c’est non seulement faisable, mais que cela vaut la peine de faire l’effort de surmonter cette peur.

Plusieurs personnes m’ont écrit dernièrement pour me questionner sur leurs peurs d’écrire leur propre blog. Une personne a dit qu’elle avait supprimé son blog parce qu’elle pensait que ce qu’elle écrivait était trop mauvais. Elle a dit : « Je pensais que ce serait super si vous pouviez partager la façon dont vous pouvez rendre public ce que vous faites sans que cela vous tracasse. »

Eh bien, j’aimerais pouvoir partager le secret permettant de ne pas s’inquiéter quand vous rendez public ce que vous écrivez, mais je pense qu’il n’existe pas. C’est incroyablement effrayant.

Et pourtant je me débrouille pour le faire quasi quotidiennement. Voici comment.

  1. J’écris pour une seule personne. Il est impossible d’écrire pour des milliers de personnes en même temps – c’est comme avoir une conversation avec un stade au complet. À qui vous adressez-vous vraiment ? Quel ton devez-vous utiliser ? Qu’est-ce qui les préoccupe ? Donc je suis plutôt le conseil de Vonnegut : écrire pour un seul lecteur (pour lui c’était sa sœur). Pour moi, c’est souvent une personne qui compte pour moi (ma femme, un de mes enfants, une sœur, un ami, un lecteur spécifique ayant un problème). J’essaye d’écrire comme si je leur parlais directement, et même si je change un peu mon style pour m’adapter au style du blog, c’est ce que j’ai en tête pendant que j’écris. Cela a l’avantage supplémentaire de ne pas être aussi effrayant – vous ne parlez qu’à une seule personne.
  2. Commencez avec un petit public. Quand j’ai lancé mon blog, mes seuls lecteurs étaient ma mère et ma femme (merci à vous deux !). Ce n’était pas très effrayant d’écrire pour elles. Puis j’ai eu plus de lecteurs, mais j’avais alors gagné en confort et la peur n’était pas écrasante. Puis j’ai eu 50 lecteurs, et c’était comme un gros groupe d’amis, parce que tout le monde me soutenait. Le temps d’atteindre des centaines puis des milliers de lecteurs, j’avais la sensation de savoir ce que je faisais (peu importe que cela ne soit toujours pas réellement le cas). Un des trucs supers quand on blogue, pour les écrivains, est que vous gagnez en confort à la même vitesse que votre public augmente.
  3. Débarrassez-vous de l’idée d’être parfait. Nous nous bloquons quand nous pensons à l’idée que nous devons écrire l’article de blog ou le livre « parfait », pour que tout le monde nous tienne en haut estime. Je vous le dis maintenant : la perfection n’existe pas. Il est impossible que tout le monde pense que ce que vous écrivez est ce qu’il y a de meilleur. Et ce n’est pas grave. Si vous acceptez qu’il y aura certaines choses dans ce que vous faites qui seront bonnes, et d’autres qui seront moins bonnes, et que c’est la nature humaine, alors vous pouvez profiter d’un panel de possibilités bien plus large. Vous n’êtes pas obligé de faire un home-run à chaque frappe (ou de marquer un but à chaque touche de balle, pour les lecteurs non-américains).
  4. Soyez motivé par l’apprentissage. Pourquoi devriez-vous-même essayer d’écrire si c’est si difficile ? Parce que si vous ne faites pas les choses dont vous avez peur, vous n’apprendrez jamais rien. Le meilleur apprentissage vient quand vous testez quelque chose que vous ne savez comment faire, que vous faites des erreurs, et que vous apprenez comment les réparer. Et que vous recommencez. Si vous voulez rester en sécurité, vous abandonnez l’apprentissage.
  5. Soyez motivé par le fait d’aider les autres. J’écris parce que les gens m’ont dit que c’était utile. Ils aiment voir comment quelqu’un d’autre a résolu un problème, ou qu’il est simplement possible de le surmonter, ou à tout le moins ils aiment savoir qu’il y a d’autres gens là-dehors qui traversent la même chose qu’eux. Quand les gens me fournissent ce genre de retour, je me sens bien, et j’ai hâte de m’attaquer à nouveau à cette chose qui fait peur.

Écrire transforme. Cela vous change, et cela change le lecteur. Vous recevez des retours des lecteurs et apprenez d’eux. Vous intégrez cette responsabilité et vous devez réfléchir à ce que vous avez appris. Vous devenez meilleur dans vos tentatives pour surmonter la peur.

Il n’y a pas de plus grande réussite dans ma vie, à part élever mes enfants, que de surmonter cette main de fer de la peur et écrire pour vous tous.

Crédits photo : © Tom Perkins – Fotolia

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6 commentaires on Comment rendre public ce que vous écrivez

  1. martine dit :

    ce titre correspond-il pas au contenu? Le titre devrait plutôt être « comment surmonter votre appréhension à écrire » ou « une page blanche est faite pour être écrite » ou « écrire? c’est aussi simple que parler ». Votre titre « Comment rendre public ce que vous écrivez » ne peut-il pas laisser croire que vous allez nous dire comment trouver du public pour leur communiquer le contenu de notre livre? où? Comment? dans quel média? ou par quel moyen? autrement dit comment passer du livre au public. C’est un peu ce que j’attendais.

  2. Raby dit :

    Merci pour le conseil.

  3. Geoffroy dit :

    C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Pour paraphraser cette affirmation, je dirai plutôt que c’est en écrivant qu’on devient écrivant. La peur de ne pas être parfait et d’être critiqué par les autres ne devrait pas démotiver celui qui jette à l’eau pour offrir ses idées à un public. Même si tout n’est pas parfait aujourd’hui, il le sera progressivement et l’audience grandira avec le temps. Ecrivez toujours vos articles comme vous vous adressiez à un proche, sur un ton amical. Encore une belle lecture

    Bonne journée à tous
    Geoffroy

  4. Marta Irico dit :

    L’apprentissage a lieu spontanément, lorsque nous faisons attention à ce qui se produit autour de nous, avec l’attitude saine typique de l’enfance, qui est de jouer et de découvrir où la curiosité nous amène, c’est-à-dire loin du désir de nous emparer d’une notion ou d’une théorie. Jouer permet une attitude sans attente et sans jugement, et grâce à laquelle nous acceptons d’entrer dans de nouvelles expériences, d’essayer de multiples sensations, même celles qui se ressemblent. La curiosité recherche la satisfaction et libère en nous l’élan indispensable pour un développement harmonieux.

    Marta Irico
    Expert en santé holistique et maladies de dégénérescence

  5. Caissard dit :

    C’est marrant je n’ai pas spécialement peur quand j’écris, comme si je me sentais caché derrière mon écran, cependant j’ai très peur de faire une vidéo. D’ailleurs je ne me suis jamais lancé :/

  6. Chantal P dit :

    C’est clair que bloguer (ou écrire) c’est comme chanter : c’est se mettre à nue dans nos pensées les plus intimes – C’est effrayant et en même temps c’est merveilleux à condition que cela soit une passion. Moi j’écris pour mon neveu et ma nièce.
    PS je parle de chanter parce que c’est ce que je viens de vivre http://ambition-et-reussite.co.....aintenant/ et que j’ai osé en faire un article !!!

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