Note : cet article est une traduction de l’article How I Tackle a Big Writing Project de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Projet écritureÉcrire quelque chose de gros est une des choses sur lesquelles les gens ont tendance à procrastiner le plus.

Peu importe le type de projet d’écriture : un roman, un livre de non-fiction, un long article, une thèse papier, une pile de pages pour un site web. Quoi que ce soit, l’écrivain trouvera un moyen de procrastiner.

Je me compte parmi ces joyeux procrastinateurs. Mais au cours des 7 dernières années, j’ai réussi à écrire quelques milliers d’articles de blog, un livre, 10 e-books environ, et de nombreux cours en ligne, sans parler de quelques tentatives de romans pour un total de 200 000 mots. J’ai découvert une chose ou deux qui fonctionnent.

Pour aider mes collègues procrastinateurs écrivains, j’ai pensé que je pourrais partager la façon dont je me suis attaqué à un e-book que j’ai décidé d’écrire la semaine dernière sur le laisser-aller.

J’ai écrit le livre en deux jours la semaine dernière, et je l’ai édité en un autre jour cette semaine.

Voici ce que j’ai fait :

D’abord, j’ai défini et réfléchi à mon problème. J’ai travaillé sur ce processus de laisser aller qui aide en fait pour n’importe quel problème, si vous avez vraiment envie de le faire. C’est ce que je voulais partager avec vous tous, pour vous aider à traverser les difficultés de votre vie, petites comme grandes. Donc j’ai imaginé mon lecteur typique, et ce à quoi pourrait ressembler sa vie. J’ai traversé une journée typique, du réveil au travail, à la socialisation, et aux responsabilités. À quels problèmes pourrait faire face une personne comme ça ?

J’ai essayé de visualiser la façon dont je gèrerais ces problèmes, en utilisant la méthode du laisser aller qui a fonctionné pour moi. Quelles étapes est-ce que je suivrais ? Quels doutes et quelles inquiétudes aurais-je vis-à-vis de ce processus ? Qu’est-ce qui m’empêcherait de le faire ? Que serait-il utile de savoir ?

Puis j’ai commencé à prendre des notes. Après avoir visualisé tout ça, j’ai eu quelques idées. Pas organisées, juste des trucs aléatoires. Donc j’ai couché des notes sur le papier, sur un carnet de notes, et sur un document texte. Sans ordre, simplement pour que ces choses sortent. Je pourrai organiser plus tard.

J’ai continué à penser à tout cela, pendant quelques jours. Sous la douche, pendant que je marchais, pendant que je méditais, pendant mon sport, pendant que je mangeais. Je l’avais toujours à l’esprit, et quand je pensais à ces idées et à ces problèmes, je les couchais sur le papier.

Étape primordiale : je me suis engagé. J’ai dit à un designer d’e-books que je lui donnerais le manuscrit pour la fin du mois, ce qui me laissait toute une semaine pour le terminer. Dans mon esprit, j’étais maintenant totalement engagé, au lieu de simplement penser à le faire. C’est une grande étape, une des plus importantes. Vous devez prendre conscience de votre esprit qui essaye de fuir cet engagement, et ne pas le laisser courir.

Maintenant que j’étais engagé, j’ai mis de côté de gros blocs de temps pour travailler sur le livre. Je savais que je ne le terminerais que si j’y consacrais le temps nécessaire, donc j’ai annulé mes rendez-vous, dit non à des réunions, et fini quelques tâches pour que mon emploi du temps soit vide. Et j’ai noté mes blocs consacrés à l’écriture sur mon calendrier.

Ensuite je me suis attaqué à l’écriture. Il est impossible d’écrire 10 000 mots d’un coup. Vous ne pouvez les écrire qu’un par un, une phrase à la fois, un paragraphe à la fois. Et pourtant votre esprit voit le travail comme un seul énorme élément, un truc effrayant, et donc nous procrastinons. Écrire un paragraphe n’est pas difficile, mais écrire un livre semble terrifiant. Donc j’essaye de ne pas penser au projet en entier ; il m’est impossible de réellement m’attaquer à ce projet. Un court chapitre, ou une section de ce chapitre, je peux faire ça en une petite période de travail.

Donc j’ai décidé de faire des chapitres très courts (c’est plus lisible de cette façon) et de travailler sur un chapitre à la fois. Sans penser à l’entièreté du livre, seulement à la petite partie du travail devant moi. Quelque chose de faisable, qui ne fait pas peur. Cela semble évident, mais vous seriez surpris du nombre de fois que nous procrastinons parce que nous pensons au projet tout entier.

Puis j’ai procrastiné. Non, je ne suis pas immunisé contre la procrastination. Cela m’arrive, inévitablement. Je repousse l’écriture en travaillant sur d’autres tâches, plus confortables. Mais j’ai trouvé plusieurs choses qui ont fonctionné cette fois (et de nombreuses autres fois) :

  • J’ai dit à un ami que je procrastinais, et je me suis engagé à travailler sur le livre. Je lui ai écrit par la suite, quand j’ai réussi à terminer le livre, et c’était une sensation super.
  • Je me suis souvenu de la raison pour laquelle j’écrivais. Ce n’était pas par vanité, mais pour aider les gens. J’ai visualisé les gens que j’essayais d’aider, et j’ai visualisé leur douleur, je l’ai ressentie en moi. Je pouvais sentir la colère, la frustration, la tristesse, le chagrin. Je savais que c’était une chose que je voulais soulager, si c’était possible. Et c’était mon intention pour écrire : aider les gens dans la douleur. Et c’est une énorme motivation.
  • J’ai examiné mes peurs. Mes peurs étaient d’échouer, de ne pas réussir à terminer le livre, de ne pas le faire bien, que les gens ne l’aiment pas. Tout cela était ancré dans des idéaux, des fantasmes. C’est un processus sur lequel j’écrivais en fait dans le livre, donc je l’ai utilisé sur moi-même, et cela a fonctionné. Je me suis débarrassé de mes idéaux, et j’ai travaillé sans avoir d’attentes, en essayant d’être dans le moment présent pendant que j’écris, d’être reconnaissant pour ce moment.
  • Je regardais mon esprit tenter de fuir. La peur émergeait quand même – peur de l’inconfort, peur de faire quelque chose de difficile. Mon esprit voulait aller jeter un œil aux réseaux sociaux, aux nouvelles fraîches, ou aux blogs que j’aime lire. J’ai vu mon esprit essayer de fuir, mais je ne l’ai pas laissé faire. Je suis resté sur mon écriture.

Une fois que j’ai lancé la machine, c’est devenu plus simple. J’ai simplement eu besoin d’écrire une seule phrase. C’est tout. C’est facile comme tout. Donc c’est ce que j’ai fait, et une fois que je l’ai eu fait, écrire la deuxième phrase a été incroyablement facile. Puis la troisième, encore plus facile. Le premier chapitre a commencé à venir, puis les autres chapitres sont venus les uns après les autres.

J’ai travaillé par petits bouts, j’ai fait des pauses, et j’ai continué à travailler. Je m’asseyais pour écrire, et je le faisais pendant 10 à 15 minutes. Peut-être un peu plus longtemps si j’étais sur ma lancée. Puis je me levais, je m’étirais, je buvais un peu d’eau, je rangeais parfois ou m’occupais de certaines autres tâches domestiques. Cela permettait à mon esprit de faire une pause. Je faisais circuler mon sang à nouveau, ce qui est bon pour le cerveau. Puis je m’asseyais pour recommencer à écrire. Et je recommençais, encore et encore.

J’ai travaillé pendant environ cinq heures le premier jour, une fois que j’ai eu lancé la machine, puis 3-4 heures le lendemain, et j’ai écrit 10 000 mots.

La sensation était incroyable.

J’ai envoyé le brouillon à des amis. Je leur ai demandé de le lire s’il avaient le temps, et s’ils avaient la moindre suggestion ou s’ils trouvaient la moindre coquille, de me le faire savoir. Si vous l’envoyez à 10 amis, environ 3 ou 4 vont vous le renvoyer avec des changements. C’est un bon quota.

J’ai passé une journée à l’éditer et à le réviser, et j’ai écrit un nouveau chapitre à partir des suggestions d’un ami. J’ai tendance à repousser l’édition mais j’avais cette date limite, à la fin du mois, donc j’ai dû me forcer à en venir à bout. J’ai édité, révisé, et édité.

Et j’ai triomphalement envoyé le manuscrit au designer de mon e-book.

Crédits photo : © ki33 – Fotolia

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5 commentaires on Comment je m’attaque à un gros projet d’écriture

  1. Haja Andriatahina dit :

    Cet article tombe au bon moment pour moi. Bien que je n’ai pas encore lancé mon blog sur « le changement », j’écris et j’aime écrire.
    Mais il m’arrive souvent de ne pas écrire pendant plusieurs jours. Contrairement à l’auteur, je ne peux pas écrire toute la journée, dès fois je suis submergé, est le lancement est repoussé encore et encore.
    L’idée de l’engagement me semble très puissant pour m’aider, alors je vais l’essayer.
    Merci pour le partage Olivier.

  2. Assia dit :

    J’ai beaucoup aimé cette auto-analyse. Le décryptage du processus de procrastination est très bien décrit. Olivier, connais-tu l’e-book qui découle de cet article ?
    Merci pour l’info.

  3. Patrick dit :

    Cela tombe bien, je dois terminer mon livre,et je ne vois que le chapitre que j’écris, et non pas le livre dans son entier, sinon…j’aurai…du retard. Faire abstraction des autres activités est souvent plus difficile.

    En tout cas j’ai déjà mon blog, grâce à Olivier Roland que je remercie au passage. http://www.leparfumdubonheur.com

  4. Christophe dit :

    c’est une situation qui rentre en résonance ,
    l’écriture est parfois facile ou parfois très difficile,le plus important est de trouver ces moment sans interruption ou l’on va écrire facilement,

    Je pense que je tenais une solution lorsque j’écrivais les articles de mon blog dans un carnet de croquis en atelier…mais le résultat n’étant pas au rendez vous ,je note toute mes idées sur mon i phone.
    Mais je procrastine la rédaction et la mise en formes parce que je ressent comme une angoisse,et c’est la galère pour s’y mettre,l’important est de se concentré et rentré dans une transe quasi hypnotique face à son clavier,et sortir ce truc.

  5. Gil. dit :

    « Je me suis souvenu de la raison pour laquelle j’écrivais » cela fait partie en effet des clés pour avancer. C’est le « pourquoi » on fait les choses. Notre esprit a besoin de trouver un sens qui vient renforcer l’initiative de prise de décision mais surtout d’actions. Le fait de s’aérer le cerveau, de faire des pauses est aussi une des manières de continuer à garder de l’énergie.

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