Note : cet article est une traduction de l’article Simplify: Let Go of Your Crutches de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

« La plupart d’entre nous avons besoin d’une béquille par moments ; mais évidemment il est idiot d’utiliser une béquille quand nos propres jambes (nos amours, goûts, habitudes, etc.) peuvent faire le voyage par elles-mêmes. » ─C.S. Lewis

 Béquilles de vieJe connais des gens qui voyagent avec plusieurs grosses valises et bagages à main pour un court voyage, même s’il est impossible qu’ils se servent de tout, parce que cela les sécurise.

D’autres ont beaucoup de bazar chez eux pour la même raison ; avoir plus de trucs vous fait vous sentir plus en sécurité, plus préparé, prêt pour le juste-au-cas-où.

Beaucoup de gens sont super occupés, et distraits, parce que l’occupation et la distraction semblent productives, et qu’on ne s’ennuie pas.

Les fumeurs ne veulent pas arrêter de fumer, parce que cela les aide à gérer le stress.

Qu’est-ce que tous ces gens ont en commun ?

Ils s’appuient sur des béquilles.

L’idée des béquilles m’est apparue pour la première fois quand j’arrêtais de fumer – j’ai réalisé que je pensais avoir besoin de fumer parce que cela m’aidait à gérer le stress, et me donnait du plaisir. Mais les cigarettes n’étaient qu’une béquille – je pouvais gérer le stress même sans fumer, mais je devais apprendre d’autres méthodes pour soulager mon stress. Je pourrais prendre du plaisir à fumer, mais je devais apprendre quelque chose de nouveau.

Et je l’ai appris. Je gère maintenant le stress facilement sans fumer – je médite, je bois du thé consciemment, je cours et fais du sport, je vais marcher, je laisse plus de place dans mes journées, je me débarrasse des attentes et des idéaux qui causent le stress en premier lieu. Je trouve du plaisir dans toutes ces choses, et en socialisant avec de bons amis, et dans un bon livre, et je n’ai plus besoin de fumer pour prendre du plaisir.

Je me suis débarrassé de mes béquilles.

Vous ne pouvez pas simplifier sans d’abord vous débarrasser de vos béquilles. Posséder ou mettre beaucoup de choses en sécurité, par exemple, est une béquille. Être occupé pour ne pas vous ennuyer, ou pour vous sentir productif, est une béquille.

Certaines façons de faire cela :

  • La sécurité. Avez-vous besoin de possessions ou de grosses valises pleines de trucs pour vous sentir en sécurité ? J’ai appris que la sécurité qu’on trouve dans les possessions est une illusion. Vous n’en avez pas besoin. À la place, bâtissez un réseau de solutions de rechange. Vous avez besoin d’un outil ou d’une brouette ? Empruntez auprès d’un ami ou d’un voisin, et formez un réseau de prêt. Vous avez besoin d’habits pour une certaine occasion ? Allez dans un magasin d’occasions ou de surplus, empruntez-les, ou faites avec ce que vous avez. Avoir moins de possessions signifie que vous achetez moins, ce qui signifie que vous allez mieux financièrement, ce qui signifie que vous êtes plus en sécurité que quelqu’un qui a acheté tout un tas de trucs.
  • L’ennui. Vous pensez que vous avez besoin d’être occupé ou distrait par internet pour éviter de vous ennuyer ? La peur de l’ennui touche beaucoup d’entre nous. Si vous apprenez à être conscient, vous n’avez pas à avoir peur de l’ennui, parce que chaque moment, chaque situation où que vous soyez, contient une quantité infinie de merveilles, de nouvelles leçons, de beauté et de surprises inconnues. Vous avez simplement besoin de faire attention. Il n’y a pas besoin de distraction, de s’occuper, d’essayer de faire tous les trucs amusants que tous les autres font.
  • La productivité. Est-ce qu’être occupé signifie que vous êtes productif ? Non, cela signifie probablement que vous n’êtes pas bon pour faire des choix. Pour être moins occupé, vous devez décider quelles choses sont plus importantes que les autres, et dire non aux moins importantes, pour avoir le temps et l’énergie de vous concentrer sur celles qui sont importantes. Vous pouvez ne pas être occupé et être productif, en vous laissant la place nécessaire pour vous concentrer sur ce qui est important, sur les choses à fort impact qui font le plus de différences dans votre carrière et dans votre vie.
  • Le stress et le confort. Quelles béquilles utilisez-vous pour évacuer le stress ? La cigarette, l’alcool, la télévision, les distractions sur internet, la nourriture, le shopping… ce sont toutes des béquilles dont les gens pensent qu’elles évacuent le stress et augmentent leur confort. Malheureusement, ces choses créent souvent plus de stress – fumer vous provoque des problèmes de santé, le shopping vous endette, la télévision et les autres distractions mènent à l’inactivité ou à une mauvaise santé. De meilleures façons d’évacuer le stress et d’augmenter votre confort (dont plusieurs déjà mentionnées) : la méditation, le fait de boire du thé en pleine conscience, l’exercice, aller marcher, prendre un bain, tenir un journal, parler avec un bon ami, le yoga, faire quelque chose de créatif.
  • L’amour. Beaucoup de gens gardent des objets par sentimentalisme, comme les cadeaux et les objets qui sont pleins de souvenirs. Fondamentalement, ils représentent de l’amour pour nous. Mais nous n’avons pas besoin de ces objets pour l’amour et les souvenirs qu’ils représentent. L’amour n’est pas dans ces objets. Il est en nous, et dans les gens que nous aimons. À la place, débarrassez-vous des objets et passez un peu de temps avec les gens que vous aimez, ou passez du temps à tenir un journal ou à penser aux bons moments ou aux gens que vous avez aimés. Vous n’avez pas besoin de ces objets pour faire ça. Mieux encore, passez du temps à aimer les autres dès maintenant, au lieu de vous éterniser sur le passé.

Ce ne sont que quelques exemples de béquilles dont vous pouvez vous débarrasser. Je vous recommanderais de jeter un coup d’œil aux raisons pour lesquelles vous possédez tant de choses, vous faites tant de choses, vous emportez autant de choses avec vous, et d’essayer de découvrir quel genre de béquilles ce sont pour vous. Puis découvrez de meilleures façons de répondre à ces besoins.

Une dernière chose : beaucoup de gens ne vont pas se débarrasser des choses parce qu’ils ont peur de prendre la mauvaise décision. S’ils ne peuvent pas être sûrs de prendre la décision absolument exacte, ils ne prennent pas du tout de décision. Cela se termine par un empilement de complexités.

Une meilleure approche que cela (qui visiblement ne fonctionne pas) est d’expérimenter. Vous ne pouvez pas être sûr du résultat d’une décision tant que vous ne l’aurez pas testée. Donc faites de petites expériences, débarrassez-vous des choses, et voyez si vous en aviez réellement besoin. C’est une des idées de mon Année à Vivre Sans. Mais vous pouvez faire des expériences plus petites, comme une semaine ou un jour, et voir les résultats que cela donne. Cela vous aidera à lutter contre la paralysie due au fait de prendre la mauvaise décision.

Simplifier votre vie est un effort qui en vaut la peine. Vous débarrasser de vos béquilles signifie que vous en découvrez plus sur vous-même, et que vous réalisez que vous n’aviez pas besoin des béquilles à la base. Vous avez le pouvoir de trouver de nouvelles solutions pour répondre à vos besoins, et vous êtes libre de façonner votre vie comme bon vous semble.

Crédits photo : © EggHeadPhoto – Fotolia.com

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5 commentaires on Simplifier : vous débarrasser de vos béquilles

  1. Mamy dit :

    Bonjour,
    Je suis bien le genre des gens qui emmènent beaucoup de choses même pour une voyage de 3 ou 4 jours.
    Et aussi, les objets souvenirs me tiennent bien au cœur.
    Cet article m’aide bien à bien réfléchir ce que je devrai faire dans l’avenir et se débarrasser de ces trucs inutiles.
    Merci bien pour ces précieux conseils !

  2. Gaelle dit :

    Pour faire de la place dans les choses et objets que l’on conserve « au cas où », j’ai trouvé une technique simple et efficace :
    – si je n’ai pas eu besoin de cette chose durant 1 an, 6 mois, etc., c’est que je peux m’en passer !
    Cela m’aide à faire le tri régulièrement et à donner ou mettre en vente des affaires et matériaux que je stockais pour rien !

    Peu à peu, la simplicité s’installe, mais il faut du temps et beaucoup de patience et de persévérance !!
    🙂

    Agréable journée à tous, même si le temps n’est pas trop de la partie pour ce début juillet… 😉

    Gaëlle

  3. Gilles dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article qui met noir sur blanc ce que je sens.
    J’ai de grosses envies de brasser mon grenier, ou des placards où j’accumule des trucs au cas où . Le vide ou le rangement m’apaise et diminue mon sentiment de confusion. Je me débarasse pourtant sans beaucoup d’état d’âmes des choses.
    Nous ne sommes pas tous faits pareils. Je vois des collègues vivre dans un bazar incroyable mais qui ont pourtant l’esprit très clair.
    Je ne suis pas sûr qu’il s’agissent pour moi de béquilles pour ce cas là. C’est plus un besoin de clarté lié à un sentiment de confusion. Pour le tabac par contre, c’est sûr, j’ai stoppé il y a 10 ans. C’était une béquille très pratique pourtant. Multifonctions. Je l’utilisais pour le stress, la fatigue, la faim, l’ennui,l’attente, la prise de recul, la réflexion profonde… Mais aussi pour les moments de convivialité une bonne cloppe avec les copains et les copines autour d’un verre, d’un café, après l’amour … Je me demande vraiment pourquoi j’ai arrêté !? 🙂
    Gilles

  4. Jean-Christophe dit :

    Bonjour, merci pour cet article.

    Je suis bien du genre à emporter pas mal de choses dès que je me déplace, sans que ce soit non plus très envahissant (mais ce n’est certes pas minimaliste). C’est surtout en matière de santé que je ne me déplace pas sans emporter pas mal de médicaments mais je dois dire que vu la fréquence de mes soucis de santé, ça me semble justifié. Il me paraît en fait plus facile d’être minimaliste quand on a une bonne santé que lorsqu’on en a une mauvaise (comme c’est mon cas) mais s’agit-il encore de béquilles lorsque, se connaissant, on se montre prévenant ?

    Sinon, dans d’autres domaines, je suis persuadé du bien fondé de se délester de la multitude des choses et habitudes qui nous entourent mais j’ai bien du mal à lâcher certaines choses.

  5. jacline dit :

    Comme Gilles le vide et le rangement m’apaise …. Après un bon tri , le calme s’installe enfin! Mais Dieu que cela est difficile, un arrachement … parfois c’est tout simplement impossible, au dessus de mes moyens, mais je ne pense qu’à çà, désencombrer ! Je viens lire un article de Leo ou Olivier pour me rebooster en quelque sorte !
    Le rêve … voyager léger !! La liberté !

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