Note : cet article est une traduction de l’article Become Happy in the Face of Physical Misery de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Bonheur dans la souffranceLa semaine dernière je suis tombé malade, une sale éruption cutanée due à du sumac occidental. Bon, cela pourrait ne pas avoir l’air si méchant, mais cette éruption couvre la totalité de mon corps (y compris des endroits dont il vaut mieux ne pas parler) ainsi que mon visage, mes yeux, et ma bouche. Ce n’est pas beau à voir, et même si je ne vais pas entrer dans les détails, c’est assez dégoûtant et douloureux.

Je dois admettre que c’est frustrant. J’ai une vie plutôt saine, je mange beaucoup de légumes et d’aliments complets, très peu de sucre, de glucides complexes ou d’aliments transformés, et je fais beaucoup d’exercice, de méditation, et autres. Ma santé est globalement sous mon contrôle, mais depuis près d’une semaine, elle ne l’est plus du tout.

Ce week-end, en examinant ce corps qui me cause tant d’inconfort physique et de stress, j’ai pensé à ce qui faisait que je n’étais pas heureux. Et si c’était le cas pour le reste de ma vie, est-ce que je serais simplement malheureux tout le temps ?

Je pense aux gens qui ont des affections physiques à longueur de temps. Il y a beaucoup de gens dont le corps est hors de contrôle, qui ne peuvent pas se sentir bien physiquement la plupart du temps, qui subissent maladies et souffrances chaque jour. Je suis très chanceux comparé à eux.

Voici donc le processus que j’ai traversé pour m’aider à être plus heureux… en précisant que j’échoue constamment dans ce processus et que je dois réessayer. Je n’y suis pas parfait, mais être parfait n’est pas le but. Le but est d’apprendre en le faisant.

1. Laisser aller

À quoi est-ce que je m’accroche ? Principalement à deux choses : l’idée que je vis dans la santé et le confort, et l’attente que la vie devrait se dérouler sans inconfort physique. L’idée que je suis quelqu’un de sain est une chose que j’ai bâtie au cours des 8 dernières années, donc quand la réalité va à l’encontre de cette idée, je lutte. Mon attente d’une vie sans peine, sans inconfort, sans démangeaisons, et sans d’autres choses dégoûtantes que je ne vais pas mentionner… cette attente est assez forte. Il est difficile de laisser aller vis-à-vis de ces choses.

Pourquoi s’en débarrasser ? Parce que cela me cause plus de douleur que l’affection physique elle-même. La véritable douleur que j’ai subie est mon incapacité à accepter la réalité, et mon désir de vivre d’une certaine façon. Je veux que cela se passe comme je l’entends. Et quand je veux contrôler cela (autrement dit quasiment tout le temps), je ressens de la frustration, de la colère, de la dépression, du stress. Beaucoup de stress. Cela s’applique à tout, pas seulement aux affections physiques, mais à tout ce qui se déroule différemment de ce que je veux.

Alors quel est le processus pour laisser aller cela ? C’est, premièrement, de réaliser que je m’accroche à quelque chose ; deuxièmement, de réaliser à quoi je m’accroche ; et troisièmement, de réaliser que cela me cause de la souffrance. Enfin quatrièmement, de réaliser que la chose à laquelle je m’accroche n’est pas nécessairement vraie. Je ne suis pas nécessairement une personne constamment en bonne santé. Je ne suis pas toujours dans ma zone de confort. Ce n’est pas ce que la vie devrait être, et en fait ce n’est pas toujours ce qu’elle est.

C’est un processus à répéter, parce que deux minutes après avoir laissé aller, il se trouve que j’en ai encore envie. Mais je m’entraîne.

2. Accepter ce qui est

Une fois que je laisse aller la façon dont je veux que les choses soient, j’apprends à accepter la réalité. Ce qui est.

Ce n’est pas toujours facile. La réalité ne correspond pas à mes fantasmes/à mon idéal de ce que devrait être la vie. Je dois simplement voir les choses comme ce qu’elles sont, et les accepter. Soyez reconnaissant qu’elles soient ce qu’elles sont. Apprenez de ce qui est.

Cela peut être difficile parce que nous avons tendance à vouloir contrôler les choses, pas à les accepter. L’acceptation est vue comme de la capitulation, de la passivité, de l’abandon. Et oui, c’est un petit peu de tout ça. Mais ce n’est pas la finalité. Le fait d’accepter simplement ne signifie pas que vous n’agissez pas. Cela signifie que vous commencez avec l’acceptation, puis que vous trouvez le meilleur moyen d’agir à partir de ce lieu de paix et d’acceptation.

L’acceptation n’est pas une mauvaise chose. C’est une bonne chose. Cela signifie que vous êtes en paix avec la réalité.

Donc j’arrête de fuir le moment présent, et j’essaye simplement de voir avec curiosité ce qui est. Et ce n’est pas aussi terrible que je pouvais le redouter. La peur, la résistance, le refus, est de loin ce qu’il y a de pire.

3. Agir avec gratitude et compassion

L’étape suivante dans mon processus est d’être reconnaissant de ce que j’ai, et d’agir avec compassion.

Qu’est-ce que ça signifie ?

Quand je souffre, c’est parce que je me concentre sur les choses que je vois comme « mauvaises ». Mais j’ignore toutes les choses dont je devrais être reconnaissant : être en vie, être capable de marcher, être capable d’aimer, être aimé, avoir des amis, avoir un travail que j’aime… la liste est infinie.

Je peux trouver cette gratitude, et me concentrer sur les actions que je peux entreprendre pour exprimer cette gratitude. Si je me plains constamment (intérieurement) de mes souffrances, ce n’est pas une action reconnaissante. Si à la place je saisis la vie incroyable que j’ai et que j’en fais quelque chose de bon, cela montrera ma gratitude pour ce que j’ai.

Agir par compassion est ce que j’essaye de faire quand j’ai accepté l’instant. Le simple fait que vous laissiez aller puis que vous acceptiez ne veut pas dire que vous n’agissez pas. Cela signifie que vous commencez par un endroit où vous acceptez ce qui est réellement, puis que vous décidez comment agir à partir de là. La compassion est mon guide pour savoir comment agir à partir de cet endroit.

Comment est-ce que j’agis quand mon corps est en plein inconfort ? Eh bien, je peux avoir de la compassion pour mon corps et prendre soin de lui. Je peux avoir de la compassion pour moi-même et m’accorder un peu de repos si j’en ai besoin. Ou je peux avoir de la compassion pour les autres, et arrêter de me concentrer autant sur moi. Je peux trouver des moyens d’atténuer les souffrances des gens autour de moi, ou de prendre ce que j’apprends et le partager avec vous tous, dans l’espoir que cela aide quelqu’un.

Agir par compassion peut éloigner la concentration de votre propre personne et la placer dans un endroit qui peut amener du bien dans le monde.

Crédits photo : © mickyso – Fotolia.com

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8 commentaires on Être heureux face aux souffrances physiques

  1. Emmanuel dit :

    Garder le cap dans la souffrance, c’est réellement difficile.
    Rester zen dans la tourmente, pas facile!
    Je vais appliquer ces conseils du mieux que je peux!

  2. Josie dit :

    Namasté ! Pour ma part j’ai appris tout cela grâce (oui grâce) à mon cancer… Cela a été TRÈS dur à vivre tant physiquement que psychologiquement. Cela a pris 4 ans ! Et je suis reconnaissante à la vie aujourd’hui, même si je suis toujours dans les soins à cause des métastases !!! Car cela m’a apporté énormément ! Bonne journée.

  3. catherine dit :

    bon courage dans votre acceptation et dans votre analyse de la situation pour vous sentir de mieux en mieux.

  4. marie dit :

    Bel article…oui j’ai tendance à vouloir que les choses aillent dans le sens que moi je voudrai…pas facile d’accueillir et d’accepter..les évènements, je vis une épreuve assez éprouvante actuellement….j’ai un énorme travail à faire sur moi pour vivre dans l’acceptation…merci pour ce sujet…

  5. nicoleparadis dit :

    Merci infiniment pour tous les merveilleux articles que vous nous offrez si gentiment. Ils sont tous très pertinents et nous aident à mieux vivre. Je vous remercie beaucoup…..A la prochaine…

  6. marie dit :

    Accepter.. sans se résigner – le processus est entièrement différent. accepter que le corps ne suive pas, malgré la volonté et la gniake. accepter qu’on est vulnérable, qu’on a des limites.
    Un travail de tous les jours, pas si facile. Et finalement, en intégrant la contrainte… on arrive à s’en libérer. Que ce soit la douleur chronique, le cancer, toute autre maladie ou incapacité le chemin est le même. Acceptation, renoncement… et adaptation, apprentissage, renaissance.
    merci pour ce bel article

  7. Sonja dit :

    GRATITUDE

  8. Joseph dit :

    Quand son petit orteil se cogne contre le coin d’un meuble, ayez de la gratitude d’avoir un orteil qui ait pu s’y cogner.

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