Note : cet article est une traduction de l’article The Joy of Scarcity de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

DisetteSouvent nous pensons que posséder très peu est une privation.

C’est mal d’être pauvre, non ? Ce n’est pas facile de se débattre avec un petit salaire, avec des dettes, avec la disette.

Et bien que ce soit vrai, c’est également faux.

Il peut y avoir de la joie dans le fait de se débarrasser de choses, de vivre avec moins, de se libérer des dettes et des possessions. Tout dépend de votre état d’esprit.

J’ai grandi pauvre, et il y a encore peu de temps je me débattais avec un revenu qui était trop bas pour régler mes factures grandissantes et le paiement de mes dettes. Une des pires périodes de ma vie, en fait.

Mais en apprenant à éliminer mes dettes, j’ai appris à vivre avec moins. Et j’ai appris que cela pouvait être une chose merveilleuse.

Lutter est difficile, peu importe la façon de s’y prendre. Mais vivre dans la disette n’a pas à être une lutte. Cela dépend entièrement de vous.

Réduire ses dettes

Quand ma femme, mes enfants et moi avons commencé à réduire nos dettes, il y a plus de cinq ans, c’était un moment effrayant. Nous étions surchargés de factures, des dettes par-dessus la tête, et c’était une des choses les plus stressantes à laquelle nous avons du faire face.

Donc nous avons réduit les dépenses, ce qui a signifié apprendre une toute nouvelle façon de vivre. Zigouillage… nous nous sommes débarrassés de la télé câblée, des abonnements aux magazines, des cafés mocha, des sorties régulières au cinéma et au restaurant et au centre commercial, etc. Nous avons changé notre vie entière.

Et pourtant, bien que l’on ait pu considérer cela comme un sacrifice, en réalité, nous avons appris à l’apprécier. Nous vivions avec moins, mais nous étions plus heureux.

Nous étions plus heureux parce que nous avons vu cela comme une opportunité de nous reconnecter les uns aux autres, de faire des choses qui étaient économiques ou gratuites. Nous sommes davantage sortis avec les enfants, et avons joué avec eux. Jouer au kickball, au foot, à chat… ces choses ne coûtent rien. Nous avons dépoussiéré les plateaux de jeu et les jeux de cartes, avons joué aux charades, et nous nous sommes éclatés. Nous avons davantage rendu visite à de la famille et des amis.

Nous avons cuisiné à la maison et avons mieux mangé que jamais, plus sainement, et avons profité du fait de manger ensemble.

Ce n’était pas tout rose, mais il y avait beaucoup, beaucoup de choses positives qui sont ressorties de cette disette. Quand vous êtes obligés de réduire, vous pouvez geindre, ou vous pouvez trouver la joie. Nous avons choisi le chemin qui nous rendait le plus heureux.

Et une fois que nous avons été désendettés, cela a été une des choses les plus libératrices que nous ayons jamais connues. Ainsi nous avons atteint une destination merveilleuse, mais le voyage a été tout aussi merveilleux.

Réduire le désordre

Le désordre est une autre chose effrayante pour beaucoup de gens. Le simple fait d’être face aux piles de désordre dans votre maison peut être écrasant. En vérité, le désordre est une montagne de procrastination… c’est repousser les décisions, et les peurs, et les problèmes émotionnels, et les addictions au shopping, et plus encore. Faire face à ces peurs et problèmes est trop pour beaucoup d’entre nous.

J’y ai fait face, et j’ai appris que quand vous gérez ces peurs et ces émotions, même petit à petit, c’est libérateur. Vous vous sentez propre et libéré, pas seulement parce que vous supportez moins de possessions, mais parce que vous supportez moins des bagages émotionnels que vous cachiez dans un recoin de votre tête.

Réduire notre désordre signifiait faire des choix difficiles, cela signifiait beaucoup de discussions à propos de ce que nous voulions et pourquoi nous avons réellement besoin des choses, cela signifiait prendre un bon nombre de nouvelles habitudes.

Mais cela signifiait se débarrasser des choses qui nous pesaient, dont nous n’avions pas besoin mais qui nous coûtaient quand même du temps, de l’énergie et des cycles mentaux. Nous avons appris à aimer une pièce clarifiée, et le sentiment incroyable d’être assis ou allongé dans une pièce propre et organisée.

Vivre avec moins de possessions peut être une pure joie inégalée par quoi que vous puissiez acheter.

Moins de nourriture

Perdre 30 kg a été un voyage permettant l’exploration de ma relation avec la nourriture. Pendant mes jours d’embonpoint, je mangeais parce que tout le monde mangeait, je mangeais parce que je m’ennuyais ou que j’étais stressé et que j’avais besoin du confort de la nourriture, je mangeais parce que je ne voulais pas me confronter à mes problèmes de santé, je mangeais parce que c’était une des seules façons que je connaissais de prendre du plaisir.

Maintenant je sais que moins de nourriture peut aussi représenter davantage de joie. Manger des nourritures simples, plutôt que des nourritures rapides ou pratiques ou sucrées ou grasses ou frites, peut être une joie.

J’ai appris les plaisirs simples de boire une tasse de thé non sucré issu de feuilles de thé entières. J’ai appris le délice que procure la dégustation d’une simple figue fraîche, d’une demi-poignée de baies, de quelques amandes entières. Quand vous cessez de mettre tant de sucre et de sauce sur tout ce que vous mangez, vous apprenez leur vraie beauté. Quand vous cessez de tuer des animaux et apprenez à apprécier le goût naturel des plantes, vous vous sentez incroyable et en vie.

Je saute maintenant le petit-déjeuner afin de me souvenir à quoi cela ressemble de ressentir un peu la faim ─ quelque chose que je n’ai jamais fait quand j’étais gros. Je prends deux repas par jour parce que c’est plus facile à préparer, et j’apprécie un peu de disette dans ma vie. Je mange ce que je veux, mais je trouve que j’apprécie plus que jamais les nourritures simples aujourd’hui.

Moins de choix

Nous pensons vouloir beaucoup de choix, mais en réalité nous voulons la liberté. Il y a une différence, et le nombre croissant de choix dans nos vies actuelles mène à la confusion, à la paralysie, et au manque de bonheur.

Les choix de disette peuvent être vus comme une mauvaise chose, mais je vois cela comme une libération. Je ne dis pas que nous devrions n’avoir aucun choix, mais moins c’est mieux.

Essayez de réduire vos choix, d’autant de façons que vous l’osez. Regardez moins les shows télé en en choisissant seulement trois que vous regarderez chaque semaine. Choisissez un seul livre et lisez-le jusqu’à avoir fini. Ayez une liste de choses à faire qui ne compte que trois éléments par jour. Faites un menu pour la semaine qui ne compte que deux ou trois plats que vous cuisinez en grande quantité, et mangez-les toute la semaine. Vous pourriez vous inquiéter de faire les mauvais choix ─ ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de mauvais choix, il n’y a que la peur de faire des mauvais choix.

Je trouve que limiter mes choix est une opportunité de me débarrasser des inquiétudes de faire les mauvais choix, et de me concentrer sur le fait de profiter des choix que je fais. Ayant exploré la disette, il ne m’est resté que cette vérité : chaque chemin que je prends est parfait.

 

Crédits photo : belamy 

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7 commentaires on Les joies de la disette

  1. Nathalie dit :

    Bonjour Olivier,
    Pour faire court, c’est ce que je pratique avec mes 3 enfants depuis 4 ans suite à la séparation d’avec mon mari.
    La vie était opulente et maintenant beaucoup moins. J’ai appris à nous passer de certaines choses « inutiles ».
    Et franchement, tout le monde apprécie beaucoup mieux les petits plaisirs…
    Toujours une joie de vous lire chaque jour !
    Nathalie

  2. Bonjour Olivier,
    C’est aussi ce qui m’est arrivé de mieux dans ma vie ! A 48 ans révolus, j’ai fait un virage à 180°, en laissant tout derrière moi pour une nouvelle façon de vivre ! Aujourd’hui, comme je le dis souvent… Je suis totalement fauchée mais jamais aussi riche !
    Pas d’indemnités d’aucune sorte, financièrement parlant, mais le bonheur immense d’écrire, d’être lue et de partager cela avec d’autres personnes. En un mot, la liberté et la joie de chaque jour ! Merci d’avoir publié cet article de Léo Babauta, toujours source de réflexion ! Belle journée…

  3. JC dit :

    Bonjour, que de vérités dans cet article
    nous vivons dans une société que nous avons construit autour de l’avoir et du paraitre au détriment du savoir être et du savoir vivre rendant nos vies très superficielles. Les périodes de « vache maigre » servent souvent à reposer les pieds sur terre et nous recadrer , « faire le ménage », retrouver l’équilibre et vivre pleinement au présent.

  4. Marye dit :

    Olivier, La lecture de cet article de Léo Babauta met en mots ce que je ressens au moins pour 2 des 4 domaines cites : les choix et le désordre. Pour la nourriture, sans me forcer, j essaie de prépare pour ma famille du simple et le plus possible »fait maison », pas par obligation par plaisir.. Même si en travaillant, ce n est pas toujours top !
    Mais je ressens très profondément, ces non chois qui résultent du Trop , trop de possibilités, trop de mise à disposition ..(je suis perdue dans tous ces choix de programme et finalement, je ne regarde que 2 ou 3 chaînes …Dito pour les programmes de machine à laver ou de micro ondés

  5. Edwige dit :

    Merci Olivier pour cet article criant de vérité, une fois encore! Bonne journée!

  6. gottlieb dit :

    oui , oui, et mille fois oui c’est une pratique tellement bonne pour tout l’etre corps esprit et âme !

  7. pecheneck dit :

    bonjour, je découvre aujourdhui votre site,voyez vous une différence ,entre la misère et la disette? parce que la misère je connais,et a bien y réfléchir je suis en péroide de disette,depuis mai 2013. le plus difficile , est de voir toutes ces choses étalées à la consommation,et le marché!! toute cette nourriture! les étalages de légumes me font rever.mais je tiens bon , et quand au désordre, la seule chose que je n arrive pas a jeter,ce sont mes livres!bravo pour cet article, aujourdhui c est la fete a la citrouille a la rochelle, bonne journée,

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