« C’est la préoccupation des possessions, plus que tout le reste, qui empêche les hommes de vivre librement et généreusement. » – Bertrand Russell

Bundle of 200 euro in a bear trapNote : cet article est une traduction de l’article The Wastefulness of Decluttering; or How to Make Less Count for More de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Je sais que beaucoup d’entre vous veulent désencombrer, ou ont déjà commencé … mais vous rencontrez une impasse.

Et c’en est une sacrée : vous ne voulez pas gaspiller. Vos tripes vous disent que vous débarrasser de choses parfaitement bonnes ─ des choses qui ont coûté un bras à l’origine ─ est un gaspillage monstrueux.

J’ai reçu récemment cette lettre de Marissa, une lectrice brillante :

« Je fais actuellement, pour la énième fois, l’inventaire de mes possessions afin d’en avoir/posséder moins. Le problème que je rencontre aujourd’hui, c’est que quand je donne/jette des choses dont je n’ai pas « besoin », je le ressens comme un gaspillage d’argent. À une certaine époque, j’ai utilisé mon argent durement gagné pour acheter cet objet et maintenant je veux tout bonnement m’en débarrasser. Même si cela m’aide dans mes futures habitudes d’achat afin que je n’achète plus rien sur un coup de tête ou simplement parce que je le veux, j’ai l’impression que je balance mon argent par la fenêtre/à la poubelle. »

C’est une question tellement habituelle que je me suis dit que j’allais l’aborder ici ─ si vous tenez à des choses parce que vous sentez que ce serait un gaspillage d’argent de s’en débarrasser, voici la réponse que vous attendez :

Par la présente, je vous libère de votre fardeau.

Vous êtes libre. Vous avez acheté des objets avec de l’argent durement gagné, et vous ne voulez pas que cet argent soit gaspillé, donc vous vous êtes accroché à eux. C’est un fardeau qui vous empêche de vous libérer de ces possessions inutiles ─ cela vous force à conserver l’espace qu’elles occupent, à garder ces possessions, à les voir constamment tous les jours même si vous ne le voulez pas, à leur tourner autour ou à les contourner ou à vivre dans un espace étriqué, encombré. C’est un fardeau, une pénitence pour une dépense initiale d’argent gaspillée.

Mais : le gâchis a eu lieu quand vous l’avez acheté, pas quand vous vous en débarrassez. Vous avez acheté quelque chose dont vous n’aviez pas réellement besoin ─ et le vrai gâchis serait de l’ignorer et de ne rien en apprendre.

Donc voici comment être sûr qu’en désencombrant les possessions dont vous n’avez pas besoin, il n’y ait aucun gâchis :

1. Apprenez votre leçon. Cela peut sembler condescendant, mais ce n’est pas censé l’être ─ si nous ne réalisons pas nos erreurs, nous ne pouvons apprendre et les éviter à l’avenir. Donc réalisez une chose : vous n’auriez pas du acheter ces choses dans un premier temps. Évitez de le réitérer à l’avenir, en achetant aussi peu que vous le pouvez. Arrêtez d’être un consommateur, et commencez à vivre.

2. Réalisez que conserver ces objets est un gâchis. Si vous gardez des choses dont vous n’avez pas besoin, cela vous coûte de l’argent ─ vous payez pour l’espace nécessaire pour les entreposer (beaucoup de possessions impliquent une plus grande maison ou de plus grands espaces de stockage), vous payez pour conserver cet espace, cela vous coûte du temps (et donc de l’argent) de garder et de contourner ces objets, vous devez réparer les choses que vous cassez, vous devez fouiller pour trouver les choses que vous cherchez, vous passez du temps à déménager les choses, etc. Vous débarrasser de ces choses obsolètes vous libère de ce gaspillage.

3. Trouvez quelqu’un qui les utilisera. C’est un gâchis de garder quelque chose que vous n’utilisez pas (une bonne raison pour laquelle le covoiturage est une bien meilleure utilisation des voitures que leur utilisation privée, soit dit en passant). Donc, trouvez un ami ou un membre de votre famille qui en aurait besoin, ou donnez-le aux Bonnes Œuvres ou à une autre œuvre de charité, ou faites-en don à une bibliothèque qui permettra à d’autres de s’en servir. Envisagez de mettre en place une bibliothèque de prêt d’outils, ou un endroit de mise en partage de livres dans votre quartier. Quand quelqu’un d’autre utilise vos objets, ce n’est pas du gâchis.

4. Tâtez le terrain. Si vous n’êtes pas sûr d’en avoir besoin plus tard, faites un test : l’avez-vous utilisé ces 6 derniers mois ? Si ce n’est pas le cas, vous n’en avez probablement pas besoin (à moins que ce soit saisonnier ─ alors demandez-vous si vous en avez eu besoin l’an dernier). Si vous n’en êtes toujours pas sûr, mettez-le dans une boîte avec la date du jour, et jetez-y un œil dans six mois ─ si vous n’avez jamais eu besoin d’ouvrir la boîte, vous n’en avez pas besoin.

5. Ne laissez pas vos possessions vous posséder. Si vous tenez à vos possessions parce que vous sentez que cela serait du gâchis de vous en débarrasser, alors elles vous contrôlent. Elles dictent votre vie, plutôt que de vous laisser créer la vie que vous voulez, vivre la vie que vous voulez vivre. Débarrassez-vous de vos possessions et soyez libre ─ vivre malgré cela serait le vrai gâchis.

6. Utilisez mieux votre temps et votre espace. Une fois que vous êtes libéré de ce bazar, ne gâchez pas votre temps libre à acquérir de nouvelles choses. Au final, prenez une maison plus petite, maintenant que vous avez besoin de stocker moins de choses, et aidez à sauver la Terre tant que vous y êtes (une plus petite maison, avec le fait d’abandonner votre voiture et de devenir végétarien, est une des choses les plus importantes que vous pouvez faire pour réduire votre empreinte carbone).

« N’arrosez pas vos mauvaises herbes. » – Harvey MacKay

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se débarrasser du superflu

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6 commentaires on Le gaspillage du rangement: ou comment moins peut valoir plus

  1. Laurence dit :

    Bonjour,
    J’ai toujours beaucoup d’intérêt à lire sur ce sujet, celui du gaspillage, ou plutôt de l’essentiel finalement. J’imagine que vous connaitrez déjà cet ouvrage mais peut-être pas d’autres lecteurs, alors je conseille « l’art de l’essentiel » écrit par Dominique Loreau qui est une véritable mine d’informations pour comprendre notre fonctionnement, et aider dans cette voie.

  2. ChrisToonet dit :

    Sans être d’accord sur la « culpabilité » d’avoir acheté la chose en cause, car elle pouvait avoir son utilité à l’époque, ou sa justification car mes habitudes ont pu évoluer depuis, je confirme que le point 3 est essentiel pour trouver une issue « honorable » ! Trouver une personne qui a besoin de cette chose aujourd’hui, donc lui rendre service, et surtout ne pas jeter, car je ne suis pas sur que quelqu’un la trouvera ou n’en profitera pas pour la revendre !

  3. Mac dit :

    Slt,
    amusant cette mode de « l’art de l’essentiel » de se dépouiller du trop etc.. Pour des occidentaux qui ont tout ce qu’ils veulent, mon dieu que c’est un acte de bravoure ! Pour ma part j’ai vécu deux ans au fond de la brousse et je peux vous dire que quand je suis rentré j’ai goûté les délices de la société de consommation, bienfaits que j’apprécie toujours près de 40ans après cette expérience ! Vous voulez vous débarrasser de tout et bien barrez vous dans une case sans rien dedans au fond de la forêt en Afrique ou ailleurs, on va voir vos belles résolutions tomber en morceaux très vite !
    Vive les gadgets, Apple et les autres ! Sans oublier une bibliothèque bien garnie ! Et de bons CD de zique ! Et j’en passe ! Vive la défonce du consommateur !
    Michel

  4. Mikael dit :

    Il est vrai que les choses que l’on possède finisse par nous posséder.
    Personnellement je ressens le fait d’avoir trop de chose inutile comme un frein, un boulet.
    Ces objets insignifiants en apparence vous prenne de la place, vous encombre et vous crée un faux sentiment de sécurité matériel toute relative. Le pire c’est que l’on a peur de perdre ces choses et que l’on est prisonnier sans s’en rendre compte. C’est aussi un peu le cas des kilos superflus.
    On ne peut pas réellement perdre ses kilos superflus si on est pas capable de se débarrasser du superflu dans sa vie.

  5. Rushita mugabo Alfene dit :

    Merci beaucoup!!

  6. didi dit :

    Merci pour cet article qui me fait penser à Dominique Loreau. faire plus avec moins. Je crois que c’est une maladie héréditaire, chez nous, l’accumulation c’est atroce. Certaines personnes de ma famille achètent des débarras ou autres caves pour stocker, plutôt que de lâcher prise…

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