…et elle aimait un garçon tellement, tellement fort – plus encore qu’elle ne s’aimait elle-même. – Shel Silverstein, L’arbre généreux

Note : cet article est une traduction de l’article The Way of the Peaceful Parent de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

Être parentIl n’y a rien de tel que d’être parent sans stress.

Un lecteur m’a demandé de partager mes pensées sur le parentage sans stress, en tant que père de six enfants. Et même si j’ai appris beaucoup de choses sur le fait d’être père, et que je trouve de la joie dans le fait d’être parent, je sais aussi que le parentage sans stress est un mythe.

Les parents seront toujours soumis au stress : nous ne devons pas seulement gérer les colères et les genoux écorchés et les refus de manger quoi que vous ayez pu cuisiner, mais nous nous inquiétons aussi des accidents potentiels, de savoir si nous faisons les choses bien pour nos enfants, si nos enfants trouveront le bonheur en tant qu’adultes et seront capables de s’en sortir seuls et de trouver l’amour.

Cela dit, j’ai appris que nous pouvions trouver la paix.

La paix n’est pas une zone sans stress, mais une zone où vous prenez le stress comme il vient, par salve, et où vous ne le laissez pas vous gouverner. Vous le laissez voguer vers vous, puis vous souriez, et respirez, et vous faites un câlin à votre enfant.

Il y a une Voie du Parent Pacifique, mais je ne l’ai pas totalement apprise. Je vais partager ce que j’ai appris jusque là, avec la mise en garde que je ne suis pas toujours cette Voie, que je fais encore des erreurs tous les jours, que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, et que je ne prétends pas avoir toutes les réponses en tant que parent.

La Voie

La Voie ne peut être apprise qu’en l’arpentant. Voici les étapes que je recommande :

  • Accueillez votre enfant chaque matin avec un sourire, un câlin, un Bonjour aimant. C’est la façon dont nous aimerions tous être accueillis chaque jour.
  • Apprenez à votre enfant à faire son propre petit-déjeuner. Cela commence pour chaque enfant à environ 3-4 ans. Apprenez-leur progressivement à se brosser les dents, à se laver seuls, à ranger leur chambre, à ranger les habits, à laver leur assiette, à prendre le goûter, à laver ses vêtements, à nettoyer et ranger, etc.
  • Enseigner ces compétences demande de la patience. Au début les enfants sont nuls, donc vous devez leur montrer une centaine de fois, mais laissez-les essayer, corrigez-les, et laissez-les faire des erreurs. Ils apprendront petit à petit l’indépendance et vous aurez petit à petit moins de travail à faire pour vous occuper d’eux.
  • Les enfants plus grands peuvent aider les plus petits ; c’est bon pour eux d’apprendre les responsabilités, cela aide les enfants plus jeunes à apprendre des plus grands, et cela vous enlève un peu de stress.
  • Lisez plus souvent pour eux. C’est une merveilleuse façon de créer des liens, d’éduquer, d’explorer des mondes imaginaires.
  • Construisez des cabanes avec eux. Jouez à cache-cache. Tirez-vous dessus avec des lance-fléchettes Nerf. Prenez le thé ensemble. Pressez des citrons et faites de la limonade. Jouez, souvent, car le jeu est l’essence de l’enfance. N’essayez pas de les forcer à arrêter de jouer.
  • Quand votre enfant réclame votre attention, donnez-lui.
  • Mais les parents ont besoin de moments seuls. Établissez certaines traditions de sorte à avoir du temps pour travailler de votre côté, ou à laisser papa et maman passer du temps ensemble le soir, et que pendant ce temps votre enfant puisse faire des choses seul.
  • Quand votre enfant est énervé, mettez-vous à sa place. Ne jugez pas seulement le comportement (oui, pleurer et crier n’est pas idéal), mais les besoins derrière le comportement. A-t-il besoin d’un câlin, ou d’attention, ou peut-être est-il juste fatigué ?
  • Soyez le modèle de comportement que vous voulez que votre enfant apprenne. Ne hurlez pas sur un enfant parce qu’il crie. Ne vous énervez pas sur un enfant qui veut jouer aux jeux vidéo tout le temps si vous êtes toujours sur votre ordinateur. Soyez calme, souriez, soyez gentil, sortez et soyez actif.
  • Quand un moment stressant se présente (et cela arrivera), apprenez à le gérer avec un sourire. Faites une blague, transformez cela en jeu, riez, etc., vous apprendrez à votre enfant à ne pas prendre les choses trop au sérieux, et que la vie doit être un plaisir. Respirez, allez vous promener si vous perdez vos nerfs, et revenez quand vous pouvez sourire.
  • Souvenez-vous que votre enfant est un cadeau. Il ne sera pas un enfant très longtemps, et le temps que vous passez avec lui passe en coup de vent. Chaque moment que vous pouvez passer avec lui est un miracle, et vous devriez le savourer. Profitez-en au maximum, et soyez reconnaissant de ce moment.
  • Laissez vos enfants partager vos centres d’intérêt. Faites des gâteaux ensemble. Cousez ensemble. Faites du sport ensemble. Lisez ensemble. Travaillez sur un site web ensemble. Écrivez un blog ensemble.
  • Sachez que quand vous merdez en tant que parent, tout ira bien. Pardonnez-vous. Excusez-vous. Apprenez de cette erreur. En d’autres mots, soyez le modèle du comportement que vous aimeriez que votre enfant apprenne chaque fois qu’il fera une erreur.
  • Enseignez patiemment à votre enfant les limites du comportement. Il doit y avoir des limites ; ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Ce n’est pas acceptable de faire des choses qui pourraient vous blesser ou blesser les autres. Vous devriez traiter les autres avec gentillesse et respect. Ce ne sont pas des choses que l’enfant apprend immédiatement, donc soyez patient, mais fixez des limites. Au sein de ses limites, autorisez beaucoup de liberté.
  • Laissez de l’espace à votre enfant. Les parents surchargent trop souvent la vie de leur enfant, avec les cours et le sport et les compétitions et la musique et les clubs et tout ça, mais c’est une source constante de stress à la fois pour l’enfant et le parent pour tenir le rythme de cet emploi du temps. Laissez l’enfant sortir et jouer. Le temps libre est nécessaire. Vous n’avez pas non plus besoin d’être tout le temps à côté ; il a besoin de temps seul tout autant que vous en avez besoin.
  • Faites du sport pour gérer le stress. Une course dans la solitude est une chose délicieuse. Faites-vous masser de temps à autre.
  • Cela aide considérablement d’être une équipe de parents ; un parent peut prendre la suite quand l’autre est stressé. Quand un parent commence à perdre ses nerfs, l’autre devrait être une force calmante.
  • Papa et maman ont besoin d’un soir ensemble chaque semaine environ. Prenez un baby-sitter, ou mieux encore, apprenez aux enfants plus grands à le faire.
  • Chantez et dansez ensemble.
  • Saisissez chaque opportunité d’enseigner la gentillesse et l’amour. C’est la meilleure des leçons.
  • Embrassez votre enfant pour lui souhaiter bonne nuit. Et soyez reconnaissant pour ce nouveau jour magnifique avec votre enfant.

Vous savez quelles personnes sont toujours sûres de la bonne façon d’élever des enfants ? Celles qui n’en ont jamais eu. – Bill Cosby

 

Crédits photo : djedzura 

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7 commentaires on La Voie du parent paisible

  1. Cédric dit :

    Etre parent, comme tout le reste est un apprentissage. Cela demande certes de la patience mais c’est une expérience réellement bénéfique. Les enfants sont tellement curieux, tellement joueurs, tellement connectés à l’instant présent. Ils sont une source d’inspiration et de sagesse pour nous tous. Chaque enfant nous donne la possibilité de devenir un, peu plus aimant, un peu plus responsable, un peu plus nous-même aussi.

  2. Comment ne pas adhérer à ces propositions de Léo?
    en tant que père d’enfants de plus de ans aujourd’hui, et enseignant auprès de jeunes ados, je ne peux que souscrire!
    et j’en rajouterai même « une couche »: soyons des adultes bienveillants, des « refuges » stables et rassurants, ce qui n’exclue pas que nous soyons là également pour stimuler, encourager, pousser dans le vide pour apprendre à « nos » enfants à voler de leurs propres ailes…
    j’écris « nos » enfants, car gardons toujours à l’esprit que « nos » enfants ne nous appartiennent pas….
    que vous le croyez ou non, la grande vérité c’est que ce sont eux qui nous ont choisi, pour venir faire un bout de chemin avec nous et faire progresser leur conscience.
    nous sommes donc honorés d’avoir été choisis, et du coup notre responsabilité prend une autre saveur: celle de l’accueil, celle de l’encouragement et non plus de la possession.
    nous ne sommes pas maîtres du destin de « nos » enfants, nous devons respecter leurs choix, les inciter à rester fidèles à eux-mêmes en Priorité, quelque soient nos rêves, nos projections…

  3. Pascale dit :

    Excellent article ; quoi de plus beau et de plus difficile que le rôle de parent.
    J’adore la dernière citation de Bill Cosby. Cela résume bien tout.

  4. Bonjour!
    j’ai bien aimer ma lecture de l’article. Plusieurs points que j’applique dans ma vie. Un seul bémol… Le troisième point la phrase  »
    Enseigner ces compétences demande de la patience. Au début les enfants sont nuls,…  »
    Le choix de mots Les enfants sont nuls… blessant comme mots et surtout pas vrai. Ils ne sont pas nuls, ils ne le savents pas….

  5. Biron Géraldine dit :

    Bonjour,
    j’adhère presque totalement à votre article. le seul point sur lequel je reste assez sceptique c’est celui des limites. Nous avons (tous) une certaine propension à vouloir enfreindre les limites qui nous sont posées. Chez nous, nous utilisons plutôt les règles, moins restrictives et plus facile à faire adhérer pour des enfants. (exemple: tu ne peux prendre que 2 biscuits (limite) tu a droit à 2 biscuits (règle) je suis d’accord qu’il faut mettre un cadre aux enfants mais je préfère utiliser les règles plutôt que des limites.

  6. Hanitra dit :

    Merci beaucoup Olivier, et toujours.
    Et merci aussi à vous tous qui donnez des commentaires instructifs.
    Hanitra, mère d’une fille de 8ans.

  7. Aboubakar Diomande dit :

    Je tenais particulièrement à vous dire mes reconnaissances et mes salutations distinguées. Sachez que vos postes sont d’une importance capitale. Vous nous donner vraiment le maximum pour mieux vivre. Je vous suit depuis la côte d’ivoire.

    Cordialement

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